Marseille : Benoît Payan dément tout échange prémédité entre Michèle Rubirola et lui

SWITCH L’éphémère maire de Marseille Michèle Rubirola explique dans « Elle » qu’elle a proposé l’échange à Benoît Payan dès le soir du premier tour, et qu’il aurait refusé

20 Minutes avec AFP

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Michèle Rubirola lors de l'élection comme maire de Benoît Payan.
Michèle Rubirola lors de l'élection comme maire de Benoît Payan. — Pool David ROSSI/SIPA

L’ex-maire de Marseille Michèle Rubirola a avoué au magazine Elle avoir proposé « dès le soir du premier tour » des municipales d’échanger sa place avec le socialiste Benoît Payan, qui aurait refusé. Il lui a finalement succédé en décembre et nie tout arrangement préalable. « Dès le soir du premier tour, c’est moi qui, pressentant les difficultés, ai proposé à Benoît de switcher. "Mais Michèle, m’a-t-il répondu, c’est impossible, ça ne se fait pas !" », a expliqué Michèle Rubirola dans un entretien paru vendredi.

Le Printemps marseillais, union de la gauche conduite par Michèle Rubirola, une médecin écologiste, avait créé la surprise dès le premier tour en arrivant en tête en nombre de voix sur l’ensemble de la ville gérée par la droite depuis vingt-cinq ans, avec 23,4 % des suffrages exprimés contre 22,3 % pour la liste Les Républicains (LR) conduite par Martine Vassal. Lors de la formation du Printemps marseillais, Benoît Payan, chef de file de l’opposition socialiste au conseil municipal et politique chevronné, s’était effacé et avait laissé Michèle Rubirola comme tête de liste.

Une situation financière inquiétante

« Comme je ne voulais pas faire perdre mon camp, j’ai tenu bon. Sauf qu’être maire de la deuxième ville de France, cela ne s’improvise pas », poursuit Michèle Rubirola, qui a finalement jeté l’éponge en décembre en proposant que Benoît Payan devienne maire et qu’elle le remplace au poste de premier adjoint. Elu maire le 21 décembre dès le premier tour au Conseil municipal où le Printemps marseillais et ses alliés ont la majorité, Benoît Payan a de nouveau nié tout arrangement préalable dans un entretien publié samedi par le média d’investigation local Marsactu.

A la question « ce switch (échange) était-il dealé d’avance ? », le maire de Marseille répond : « Non, c’est un délire, c’est un fantasme ». Il reconnaît que Michèle Rubirola « s’est posée des questions durant toute la campagne » tout en étant « engagée » dans cette bataille électorale. Aujourd’hui, Benoît Payan dit se sentir légitime comme maire car portant le programme d’une majorité incarnée par le Printemps marseillais.

Sur la situation financière « très inquiétante » de la ville, qu’il avait évoquée début janvier, il indique que la version définitive d’un audit réalisé par un cabinet privé sera analysée par sa majorité samedi. Dans une interview également publiée samedi par le quotidien La Marseillaise, il précise qu’il a « besoin de renégocier la dette » d’une ville « qui n’a pas ou mal été gérée pendant vingt-cinq ans ».