Coronavirus à Marseille : Les élus locaux vent debout contre une éventuelle avancée du couvre-feu à 18 heures

PAS CONTENT A gauche comme à droite, la mesure, pas encore officielle, d’une avancée du couvre-feu à 18 heures, fait l’unanimité contre elle

20 Minutes avec AFP

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La première adjointe au maire de Marseille, Michèle Rubirola. (archives)
La première adjointe au maire de Marseille, Michèle Rubirola. (archives) — NICOLAS TUCAT / AFP

De la mairie de Marseille au président de la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur, les élus et élues locales s’opposent vigoureusement à la perspective d’un couvre-feu avancé à 18 heures dans les Bouches-du-Rhône, mesure qui, selon elles, n’a pas prouvé son efficacité contre le Covid-19. « Il y a un front commun de la totalité des élus pilotés par les docteurs Muselier et Rubirola », a déclaré le président LR de la région, Renaud Muselier, à l’issue d’une réunion de concertation des élus et élues avec la préfecture.

« On revient sur une verticalité absolue » dans la prise de décision et « nous n’avons aucune preuve que ça marche de gagner deux heures sur le couvre-feu », actuellement fixé à 20h00, a poursuivi Renaud Muselier. Celui-ci est médecin de formation, tout comme l’écologiste Michèle Rubirola, éphémère maire écologiste de Marseille, aujourd’hui première adjointe en charge notamment de la santé. « On a l’impression une fois de plus d’être mis devant le fait accompli », a réagi cette dernière sur BFMTV, en jugeant plus important de « mobiliser toutes les énergies (…) pour vacciner davantage et le plus vite possible. »

Pas la première contestation des élus et élues marseillaises

« Le couvre-feu avancé à 18 heures, ça veut dire quoi ? On travaille jusqu’à 18 heures, les magasins ferment à 18 heures, donc on va tous faire nos courses tous ensemble le week-end dans les centres commerciaux, là où le bataillon des marins-pompiers a mis en évidence qu’il y avait de la Covid partout », a poursuivi l’élue. Même son de cloche du côté de la présidente LR du département et de la métropole de Aix-Marseille-Provence, Martine Vassal : un couvre-feu anticipé « va créer des encombrements dans les magasins et les transports à la sortie des bureaux, avec un grand risque de contamination. Sans parler du manque à gagner pour les commerçants qui sont en souffrance. Testons-nous, vaccinons-nous mais ne confinons plus », a-t-elle estimé sur Twitter.

Contactée, la préfecture a précisé que la décision n’était pas encore arrêtée et « les concertations toujours en cours ». Les élus et élues locales marseillaises avaient déjà vertement contesté le placement de la zone Aix-Marseille dès le 23 septembre – deux semaines avant Paris et sa proche banlieue – en « zone d’alerte maximale », entraînant notamment la fermeture des bars, restaurants et salles de sport. Le couvre-feu, déjà avancé à 18 heures dans 15 départements, devrait être étendu dans dix autres dimanche. A Strasbourg, la préfecture du Bas-Rhin a annoncé dès vendredi matin que le département passerait en couvre-feu à 18 heures dès dimanche.