Grève des éboueurs : Les CRS déployés pour débloquer un dépôt

MOUVEMENT SOCIAL Selon la préfecture de police des Bouches-du-Rhône, « plus de 900 tonnes de déchets n’ont pu être collectées » depuis le début du mouvement de grève il y a 12 jours

20 Minutes avec AFP
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Une rue de Marseille, le 18 décembre 2020.
Une rue de Marseille, le 18 décembre 2020. — SOPA Images/SIPA

Après 12 jours de grève des éboueurs travaillant dans trois arrondissements de Marseille, les ordures ont continué de s’accumuler lundi dans certains quartiers de la ville. Pour répondre à cette situation, les autorités ont fini par choisir la manière forte. Des CRS ont ainsi été déployés lundi soir devant un entrepôt pour le débloquer.

Selon la préfecture de police des Bouches-du-Rhône, « plus de 900 tonnes de déchets n’ont pu être collectées » depuis le début de ce mouvement, notamment dans le quartier historique du Panier et dans les quartiers populaires du nord de la cité phocéenne.

La tension monte d’un cran

Lundi matin, les salariés ont refusé la réquisition pour motif sanitaire, avait regretté la métropole Aix-Marseille-Provence, compétente pour le ramassage des poubelles dans la seconde ville de France. En fin de journée, la tension est montée d’un cran quand des CRS ont été déployés devant un entrepôt pour « sécuriser la sortie des bennes de ce site afin d’éviter toute entrave », a expliqué la préfecture de police. « Demain matin, ils vont prendre des intérimaires pour faire sortir les camions mais c’est une entrave à la grève », a réagi l’un des grévistes.

En attendant que la situation se débloque et que les éboueurs de Polyceo, une filiale de Derichebourg, reprennent le travail dans les 2e, 15e et 16e arrondissements où ils sont chargés du traitement des ordures, la métropole avait annoncé le dépôt de huit bennes d’ici mardi, dans les secteurs les plus touchés, « afin que les habitants ne soient plus contraints de jeter leurs poubelles sur la voie publique ». Et des pénalités pour absence de service minimum sont appliquées à Derichebourg, à raison de 1.500 euros par jour.

Des problèmes de « harcèlement »

Chez les 220 salariés de Derichebourg-Polyceo, en grève depuis le 17 décembre, les revendications sont claires : obtenir les « mutations » du directeur du site marseillais de l’entreprise et de son adjoint, qu’ils accusent de « harcèlement », ainsi que l’embauche d’un intérimaire annulée au dernier moment.