Coronavirus à Marseille : Grève à la RTM face à mesures « insuffisantes » contre le Covid-19

TRANSPORTS Les agents de la RTM sont en grève vendredi pour obtenir des mesures plus fortes dans les transports marseillais contre le coronavirus

Mathilde Ceilles

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Un homme devant un tramway à Marseille
Un homme devant un tramway à Marseille — Sipa
  • Une grève va toucher le réseau de transports marseillais ce vendredi.
  • Les grévistes réclament des mesures contre la propagation du coronavirus, dénonçant un manque de nettoyage et des bus blindés.

« Nous sommes inquiets, car les cas de contamination du personnel augmentent », justifie Bernard Gargiolo, secrétaire général CGT des agents de la RTM. Ce vendredi, le syndicat a déposé un préavis de grève de 24 heures pour réclamer auprès de leur direction des mesures supplémentaires pour garantir la sécurité sanitaire des agents de la régie de transport marseillaise, en particulier des chauffeurs de bus. Selon les prévisions communiquées par la RTM, en raison de ce mouvement social qui n’affectera pas le métro, un bus ​sur deux circulera ce vendredi, et deux tramways sur trois.

« Nous avons actuellement une trentaine d’agents positifs, avec un roulement toutes les semaines, s’alarme Bernard Gargiolo. Certes, la RTM compte 3.600 agents, mais ils ne sont pas tous au contact du public. En tout, près de 90 agents ont été infectés depuis la deuxième vague à Marseille. La RTM a pris des mesures. On ne peut pas dire qu’ils n’ont rien fait. Mais ce n’est clairement pas suffisant. »

« Collés comme des sardines » dans les bus

Dans un communiqué transmis à 20 Minutes, les grévistes demandent avant tout la fin de la vente à bord des bus, la fermeture de la porte avant et le respect des distanciations sociales dans ces mêmes bus. « Aux heures de pointe, tous les jours, nous avons des ruptures de charge, avec des bus qui accueillent 100 voyageurs collés comme des sardines. Cela concerne notamment les populations des quartiers Nord qui n’ont pas d’autres solutions qu’utiliser les transports en commun. Dans un endroit confiné comme ça, si on est tous collés les unes contre les autres, nos collègues, comme les usagers, sont particulièrement exposés. »

« En moyenne, la fréquentation est en baisse de moitié, se défend Pierre Durand, directeur d’exploitation de la RTM. Nous avons une obligation vis-à-vis de notre clientèle, nous ne sommes pas en capacité juridique de les empêcher de monter ! Effectivement, les distanciations sociales ne sont peut-être pas garanties au moment des hyperpointes. En moyenne, il y a une quarantaine de personnes dans nos bus en ce moment. »

Nettoyage insuffisant ?

La CGT réclame de plus une désinfection renforcée de ces bus. A l’heure actuelle, ces derniers sont en effet nettoyés une fois par jour, la nuit, quand ils ne circulent plus. « Or, certains bus rentrent au garage en milieu de matinée et ressortent en milieu d’après-midi. Et pendant ce temps-là, ils ne sont pas désinfectés, que ce soit le poste de conduite, les sièges des passagers ou les barres ! »

« Nous avons mis en place un dispositif hypersécurisé pour nos chauffeurs de bus, se défend Pierre Durand. Nous fournissons à chacun des masques et des gants pour effectuer les transactions. Pour les bus qui rentrent en journée et repartent, nous fournissons le matériel nécessaire aux chauffeurs pour nettoyer le poste de conduite. » Mais aucune consigne n’a été donnée pour nettoyer plus souvent la partie dédiée aux voyageurs.

« La métropole a fait savoir dans un communiqué de presse la semaine dernière qu’elle allait renforcer ces mesures sanitaires. Mais nous sommes dans l’attente d’un contact avec la métropole pour cela. » Contactée, la métropole n’a pas donné suite à nos sollicitations à l’heure où ces lignes sont écrites.