Confinement à Marseille : Pour s’en sortir, les petits commerces misent notamment sur un service mutualisé de livraison à vélo

COMMERCES Les magasins peuvent vendre en ligne, certes, mais comment livrer ? A Marseille, la Fédération commerces en 13 propose une solution mutualisée

François Maillet

— 

Audrey Lucchinacci (3e en partant de la droite) espère « amortir le choc » du reconfinement en mutualisant les livraisons à Marseille.
Audrey Lucchinacci (3e en partant de la droite) espère « amortir le choc » du reconfinement en mutualisant les livraisons à Marseille. — FC13

Forts de l’expérience du premier confinement, nombre de commerces «non essentiels» ayant obligation de baisser le rideau à Marseille se sont tournés vers le « click and collect » ou la livraison à domicile. Dans les deux cas, certaines enseignes doivent sérieusement s’adapter et prendre le tournant de la digitalisation pour faciliter la vente en ligne. Mais encore faut-il avoir les compétences, ou les moyens de les dégoter.

Depuis deux ans et demi, la Fédération commerces en 13 réfléchit au développement du numérique pour ses 6 500 adhérents. « Il va de soi qu’il n’existe pas de solution qui corresponde à tous les commerçants, détaille Audrey Lucchinacci, présidente de la structure. C’est pourquoi nous avons créé Shopinsud, un agrégateur de solutions. » Lequel propose des outils d’aide à la digitalisation, des systèmes de fidélisation, des outils de création de site web et… une solution de livraison en mobilité douce.

Un coût divisé par deux pour le commerce

Cette dernière se nomme Coop Synchro, un service mutualisé de livraison à vélo. « Nous avons réalisé que plusieurs sociétés – Tout en vélo, Mistral, Rex… – avaient le même métier, proposaient les mêmes tarifs et s’opposaient à tout type d’ubérisation, ses livreurs ayant des contrats indéterminés, détaille la présidente, par ailleurs patronne d’un magasin Jeff de Bruges à Saint-Barnabé (12e arrondissement). Nous les avons fédérées par le truchement de la start-up Synchronicity, et avons mis en place un standard. » Et ensuite ? C’est très simple : le commerçant ayant un produit à livrer appelle ce standard (09 73 03 06 08) qui répercute la demande auprès des sociétés de livraison. La première qui répond se charge de la course.

L’avantage pour le commerçant ? La démarche est simple, et à moindre coût. « Cela fonctionne avec un système de ticket que la Fédération préachète en nombre. Au lieu de régler 8 euros pour une course, elle revient à 4.50 euros, presque moitié moins », poursuit Audrey Lucchinacci. Une innovation qui permettrait d’affronter cette mauvaise passe économique. « Chez les commerçants, le chiffre d’affaires de la vente en ligne était de 10 %. Aujourd’hui, il est aux alentours de 30 %. Cela ne sauve pas tout, mais permet d’amortir le choc. Et on espère pourvoir arriver à 40 % lors de la préparation des fêtes de Noël. Le frein, jusqu’ici, c’était la livraison… » Voilà qui ne devrait plus être le cas.