La LGV ne trouve toujours pas sa voie

Frédéric Legrand

— 

Tranché ou pas tranché ? La polémique a continué de faire rage hier après les déclarations d'Eric Ciotti, président (UMP) du conseil général des Alpes-Maritimes, assurant ce week-end que le gouvernement a opté pour le tracé Nord pour la LGV-Paca. Ce tracé, qui relie Aix à Nice sans passer par le littoral, suscite l'opposition de la quasi-totalité des élus d'Aix et Marseille. « Si cette décision est confirmée, ce sera un coup d'arrêt pour le développement de Marseille », a estimé hier Jean-Noël Guérini, président (PS) du conseil général des Bouches-du-Rhône, qui se retirait du financement de la ligne. Président (PS) du conseil régional Paca, Michel Vauzelle a dénoncé « une annonce faite subrepticement et sans aucune concertation ». Le maire de Marseille a réservé sa réaction dans l'attente d'une annonce officielle. Durant les municipales, Jean-Claude Gaudin (UMP) avait pourtant brandi une lettre de Nicolas Sarkozy prenant position pour le tracé Sud (lire ci-contre).

Selon la direction régionale de Réseau ferré de France (RFF), les tracés Nord et Sud « sont tous deux techniquement possibles », et « aucun ne l'emporte totalement sur l'autre » sur l'ensemble des critères d'étude : temps de trajet, impact environnemental, rentabilité socio-économique. Le tracé Nord serait « plus respectueux de l'environnement », plus rapide et trois milliards d'euros moins cher que son concurrent.

Problème : en évitant Marseille et Toulon, il dessert moins de monde.

« Maintenant, la décision appartient aux politiques », souligne RFF. Les élus opposés au tracé Nord mettent en avant sa moins bonne desserte - deux millions de passagers en moins par an, selon le conseil général - mais également son impact potentiel sur la Sainte-Victoire et sur l'usine micro-électronique de Rousset. Contacté hier, le ministère de l'Ecologie et des Transports n'a pas souhaité réagir, précisant qu'une réunion avec toutes les collectivités devrait être organisée à Paris « avant fin février ». ■