Coronavirus à Marseille : La mairie pousse la métropole à passer la seconde sur le vélo

TRANSPORT A la faveur de la crise sanitaire, et compte tenu de la nouvelle cohabitation politique, la mairie de Marseille, à gauche, tance la métropole, à droite, de développer les coronapistes et plus généralement le vélo

Mathilde Ceilles

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Un cycliste avec un masque sur la Corniche
Un cycliste avec un masque sur la Corniche — NICOLAS TUCAT / AFP
  • Un bras de fer politique s’opère entre la mairie de Marseille et la métropole pour le développement du vélo.
  • En pleine crise sanitaire, la ville de Marseille compte en effet une poignée de coronapistes.
  • La question va être abordée ce lundi lors du conseil municipal.

Un projet de piste cyclable entre la Canebière et la Corniche, dont la consultation, qui prend fin le 12 octobre, fait l’objet d’une large diffusion par la mairie du 1-7, nouvellement dirigée par la gauche. Un courrier rendu public de la maire de Marseille EELV Michèle Rubirola à son ancienne rivale LR aux municipales, Martine Vassal, présidente de la métropole, dans laquelle l’édile demande le déploiement en urgence de coronapistes, alors que seul une demi-douzaine de kilomètres a été tracée pour l’heure dans une ville en alerte maximale, contre une cinquantaine à Marseille ou Paris.

Et maintenant, un rapport au vitriol, présenté ce lundi au conseil municipal, dans laquelle la mairie de Marseille regrette la politique de transports développée par la métropole et réclame une série de mesures, notamment en faveur du vélo. Depuis un mois, dans un contexte nouveau de cohabitation entre gauche et droite dans la ville désignée depuis plusieurs années la moins cyclable de France, ce sujet fait l’objet d’un véritable bras de fer politique entre la mairie, dirigée par une écologiste, et la métropole, qui a la véritable compétence de ces questions.

« Le projet de plan de déplacement urbain qui date de l’année dernière doit être soumis à l’avis de la ville de Marseille, c’est la loi, justifie Audrey Gatian, adjointe en charge de la politique de la ville et de la mobilité. L’ancienne municipalité n’avait pas émis d’avis et la métropole nous a sollicités pour le faire. »

Une hausse de 30 %

Or, pour l’adjointe au maire, « dans le projet de déplacement urbain, le développement du vélo est très flou, et cela nous inquiète un peu, notamment au regard du contexte actuel. Avec la crise sanitaire, il y a urgence et ce qui est fait n’est pas suffisant. Je suis pourtant persuadée qu’il est possible de créer de nouvelles pistes cyclables rapidement, à l’image de ce qui s’est fait ailleurs. C’est une question de volonté politique. Il y a une vraie demande à laquelle il convient de répondre. »

Une récente étude menée par l’agence d’urbanisme de l’agglomération marseillaise et le collectif marseillais Vélos en ville montre en effet qu’entre juin 2019 et juin 2020, la pratique du vélo a connu une hausse exponentielle de 30 %, à l’image de la croissance nationale. Dans le même temps, la RTM dit enregistrer à la rentrée une baisse de fréquentation de l’ordre de 25 %.

« Il faut rattraper le retard »

« On voit que le peu de coronapistes qui a été tracé est très utilisé, comme celle sur la Canebière, note Cyril Pimentel, président de Vélos en Ville. Il y a une vraie demande, il faut rattraper le retard, avec des aménagements transitoires et de vraies pistes cyclables. Il faut frapper fort ! Or, pour le moment, certains à la métropole font blocage. »

Dans le rapport présenté au conseil municipal, la ville de Marseille réclame notamment la fin des pistes cyclables sur les trottoirs marseillais, encore bien répandues. « Ca engendre des conflits d’usage avec les piétons, et ça, c’est vraiment pas possible ! », s’agace Audrey Gatian. La ville demande également à la métropole de généraliser les stationnements vélo à Marseille, et soumet la ratification d’une charte vélo qui prévoit notamment des cédez le passage cycliste à des feux tricolores.

La métropole renvoie la balle

Contactée, la métropole assure que les coronapistes « font l’objet d’examens réguliers au regard de leur fréquentation, du confort d’usage offert et du vieillissement des équipements déployés. » Et de tacler la ville : « Néanmoins, sur certaines d’entre elles, des problématiques liées aux stationnements sauvages sont observées. Il revient à la police municipale de s’assurer du bon usage de ces pistes. »

La métropole affirme vouloir déplorer sur Marseille « de véritables corridors cycliste en supprimant le stationnement sur trottoir. » Enfin, sur la question des « cédez le passage cycliste » aux feux tricolores à Marseille, la métropole affirme être dans l’attente d’une « réunion de travail avec la ville qui seule a la compétence pour modifier les arrêts de circulation. Par ailleurs, le Conseil de Territoire Marseille-Provence est prêt à étudier la proposition de les déployer dans la mesure où ils ne s’avèrent pas dangereux. »

Un service de location longue durée de vélo électrique 

La métropole va lancer un service de lcoation longue durée de 2.000 vélos électriques. Baptisé « levelo+», ce service sera disponible d'ici 20121 mais l'ouverture des réservations se fait dès ce lundi.