Coronavirus à Marseille : « On ne peut pas prendre le risque de tergiverser », affirme Olivier Véran

EPIDEMIE Classée depuis mercredi en « zone d’alerte maximale », la métropole marseillaise doit fermer ses bars et restaurants à partir de lundi

20 Minutes avec AFP

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Olivier Véran à l'hôpital de la Timone à Marseille, le 25 septembre 2020.
Olivier Véran à l'hôpital de la Timone à Marseille, le 25 septembre 2020. — Christophe Simon/AP/SIPA

Olivier Véran était en déplacement à Marseille ce vendredi alors que des mesures strictes pour lutter contre l’épidémie de coronavirus ont été annoncées cette semaine. Le ministre de la Santé a défendu ces mesures qui ont suscité beaucoup d’hostilité.

« J’ai parfaitement conscience que certaines des mesures font débat (…), soulèvent des inquiétudes, des interrogations, voire de la colère », a assuré Olivier Véran lors d’une conférence de presse à l’hôpital public de la Timone. « Ces mesures, elles sont nécessaires, elles sont temporaires mais elles ne sont pas arbitraires ».

Manifestation de commerçants

Le gouvernement a placé Marseille, qui détient le record de France métropolitaine du taux d’incidence le plus haut (à 281 pour 100.000 selon les autorités), en « zone d’alerte maximale » et annoncé pour la métropole Aix-Marseille la fermeture totale des bars et restaurants pour 15 jours à compter de samedi. Ces annonces ont immédiatement provoqué un tollé chez les élus locaux de tous bords de la région, et chez les restaurateurs et cafetiers.

Vendredi matin, plusieurs centaines d’entre eux, soutenus par de nombreux élus, se sont rassemblés devant le tribunal de commerce de Marseille. En début d’après-midi, ils étaient encore une centaine devant La Timone durant la visite d’Olivier Véran, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Des lits occupés au détriment d’autres malades ?

Les élus locaux, dont le président de région Renaud Muselier (LR), qui a annoncé son intention d’attaquer en justice l’arrêté préfectoral imposant la fermeture des bars et restaurants, contestent les mesures en mettant en avant une amélioration, depuis quelques jours, de la situation dans le département.

En attendant que la situation s’améliore d’elle-même, « nous risquons de devoir prendre des mesures encore plus fortes que celles que nous venons d’annoncer », leur a répondu le ministre. L’amélioration de la situation, a aussi réagi le professeur Lionel Velly, médecin réanimateur de la Timone, « on ne la voit pas du tout pour le moment, on a 30 patients par semaine ».

A Marseille, a détaillé Olivier Véran après une visite d’un service de réanimation, c’est « un lit sur deux (…) qui n’est pas disponible pour d’autres malades ». « On ne peut pas prendre le risque que les Marseillais ne puissent pas suivre leur traitement contre le cancer, qu’ils ne puissent pas se faire opérer », a assuré Olivier Véran.