Tensions sur le suivi du RMi

Frédéric Legrand

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Les travailleurs sociaux qui suivent les RMistes dans les Bouches-du-Rhône se sont réunis hier en vue d'actions pour dénoncer les suppressions de postes au sein de leurs structures. Seize associations sont actuellement mandatées pour aider à la réinsertion des RMistes, pilotée par le conseil général. « Les trois quarts d'entre elles comptent moins de vingt salariés, et beaucoup ont déjà programmé jusqu'à quatre suppressions de postes, pointe Stéphane Montabone, délégué CGT. Cela arrive alors que le gouvernement va généraliser le RSA en juillet, ce qui va augmenter le nombre d'allocataires. » Début décembre, onze directeurs d'associations avaient écrit à Jean-Noël Guérini, président (PS) du département, pour lui faire part de leur inquiétude.

Les syndicats dénoncent également le recours massif à des conseillers ANPE pour suivre certains RMistes. « Cela coûte moins cher au conseil général, mais cela ne permet qu'un suivi au niveau de l'emploi, critique Stéphane Montabone. Il n'y a pas de travail sur le surendettement, le logement ou l'accès aux soins. » Pour Martine Cros, directrice de l'insertion au conseil général, le recours à l'ANPE s'explique « de par les besoins des RMistes ». « Grâce à l'effort de suivi réalisé depuis 2004, nous avons identifié que leur principal besoin porte sur l'accompagnement à l'emploi. » Le département compte actuellement 51 000 RMistes, contre 70 000 en 2004. La généralisation du RSA devrait permettre à de nombreux travailleurs pauvres d'accéder aux allocations. Déjà expérimenté à Marseille, le RSA devrait concerner 3 000 personnes dans la cité phocéenne. ■