Marseille : Plus de vols, plus de violences, le mois d’août « n’a pas été normal » sur le Vieux-Port

DÉLINQUANCE En marge du 1500e conseil de sécurité des Bouches-du-Rhône, le préfet de police a livré un premier constat sur cet été particulier

Caroline Delabroy

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La fréquentation a été en hausse cet été à Marseille.
La fréquentation a été en hausse cet été à Marseille. — Fabien Dupoux/SIPA
  • Le 1500e conseil de sécurité des Bouches-du-Rhône se tenait ce mardi à Marseille, au commissariat de Noailles.
  • Sans donner encore de chiffres précis sur la délinquance, le préfet de police a indiqué que celle-ci était en hausse sensible par rapport à l’été dernier.
  • La maire de secteur, Sophie Camard, pointe le contexte Covid et la fréquentation exceptionnelle des plages.

« Globalement, le mois de juillet n’a pas sensiblement été plus mauvais qu’en 2019, c’est le mois d’août qui n’a pas été normal à Marseille. » Après un été ponctué d’incivilités et de coups de couteau, le préfet de police des Bouches-du-Rhône se savait attendu sur le sujet en convoquant la presse ce mardi pour le 1500e conseil de sécurité du département. S’il ne peut divulguer encore les chiffres officiels de la délinquance, Emmanuel Barbe reconnaît « une augmentation sensible » de tels actes. « Il y a eu plus de gens qui ont été l’objet d’un vol, il y a plus de gens qui ont été l’objet de violences », ajoute-t-il, sans plus de précision.

« Cela a été le baptême du feu », reconnaît de son côté Sophie Camard, la nouvelle maire des 1er et 7e arrondissements de Marseille, secteur qui couvre le Vieux-Port et le littoral. L’élue pointe le contexte Covid, « le nombre de places divisé par deux dans les centres aérés » et l’arrivée massive de touristes. « On est passé de 2,2 millions de baignades l’an dernier à 3,5 millions cet été. Tous les indicateurs montrent une hausse de 30 % à 50 % de fréquentation, poursuit-elle. On est dans une ville qui a mis les services publics en sous-régime l’été, alors qu’il faut au contraire les renforcer. C’est une leçon pour l’année prochaine. »

Stationnements anarchiques

Reste que les débats du jour ont surtout porté sur la sécurité au quotidien, soit l’objet même de cette instance innovante créée en 2018 à Marseille. « On gère les problématiques récurrentes qui justifient la mobilisation de plusieurs acteurs, rappelle ainsi le commissaire Stéphane Brunoni, chef de la division Centre. L’intérêt de ces conseils de sécurité est d’établir une stratégie collégiale pour régler une situation de manière pérenne. » En bref, de s’attaquer au fameux sentiment d’insécurité.

Bailleurs sociaux, CIQ (comité d’intérêt de quartier), Education nationale… Les acteurs sont ainsi nombreux à partager leurs informations autour de la table, au sein même du commissariat de Noailles. « Aujourd’hui, on a vu beaucoup de stationnements anarchiques, énumère le préfet de police. Pris individuellement, ce n’est pas nécessairement des faits très graves, mais collectivement cela crée une sale ambiance et empoisonne la vie des gens. » Quelle réponse apporter à ce sujet récurrent à Marseille ? « L’idée est d’essayer de développer plus encore la vidéo verbalisation sur le stationnement », répond-il.

Ni magistrat ni métropole autour de la table

Proviseur du collège Longchamp, Mehdi Fettouhi-Tani est au rendez-vous à chaque conseil, tous les 15 jours. Il fait remonter les « signaux faibles » rencontrés par chaque collègue. « On est aux abords de nos établissements, on sait ce qui se passe, quand la situation ne devient pas nette », explique-t-il. L’an passé, la violente bande des « chakaals » qui sévissait dans le quartier a ainsi pu être une affaire réglée. « Au bout du bout, il y a eu une arrestation », lâche-t-il.

Une réponse judiciaire qui reste une grande absente des débats : contrairement à d’autres villes, aucun magistrat ne fait partie du tour de table. En fine politique, Sophie Camard pointe aussi l’absence de la métropole, alors que de nombreux sujets relèvent de sa compétence. Et promet d’y remédier.