« Malgré tout, il y a du monde »

Frédéric Legrand - ©2008 20 minutes

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Dès les premières pubs, dans le métro, on l'a un peu mauvaise : « Aix-Marseille, 97 trains par jour ! », « Aix-Marseille en 30 minutes ! ». Au septième jour de grève des conducteurs de TER, hier, la réouverture de la ligne Aix-Marseille ne tient pas toutes ses promesses : une vingtaine de trains seulement hier, tous omnibus (sauf un), 45 minutes de trajet. En milieu d'après-midi, peu avant l'heure de pointe, le voyage commence bien : déjà cinq minutes de retard au départ. Yvan, étudiant en médecine à la Timone, va jusqu'à Simiane. Il reste optimiste : « En temps de trajet, c'est presque pareil que le bus. Sauf en période de pointe : là, avec les bouchons, c'est plus rapide en train. »

Filant le long du littoral, la rame de TER, toute neuve, laisse voir le superbe soleil sur la rade et la Côte Bleue. Les nouvelles gares de Sainte-Marthe, Saint-Joseph et Saint-Antoine ont des petits airs de station RER. Pas encore finies : ici, il manque un lampadaire, là, une borne d'appel. A la gare de Simiane, c'est carrément la passerelle pour enjamber les voies qui est toujours en travaux.

Monté à Sainte-Marthe, Cyril, régisseur, est conquis : « Maintenant qu'il y a une gare, je vais laisser la voiture pour aller à Aix en train. C'est plus tranquille. Après, les retards, il y en a toujours. Quand j'étais gamin, je prenais le TER d'Ensuès vers Marseille, c'était déjà l'horreur. » Dans le train du retour, Françoise, 49 ans, a l'impression « que le mouvement s'est durci ». « Ce matin, un train a eu 45 minutes de retard. Mais malgré tout, il y a toujours du monde dans les rames. » Hier, les cheminots réunis en assemblée générale ont voté la poursuite de la grève.