Les élus inflexibles sur l'incinérateur

Stéphanie Harounyan - ©2008 20 minutes

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Pour les élus de Ouest-Provence, pas question de revenir sur la parole donnée. Hier, l'ensemble des maires du syndicat d'agglomération nouvelle (SAN) ont tapé du poing sur la table pour rappeler aux socialistes marseillais leur engagement d'abandonner le projet d'incinérateur de déchets, actuellement en construction à Fos. « Je ferai tout pour que certains n'oublient pas leurs promesses », a indiqué Bernard Granié, président (PS) du SAN Ouest-Provence. Dans le viseur des élus, Jean-Noël Guérini, président (PS) du conseil général, qui avait rappelé son opposition au projet lors de la campagne des municipales, et Eugène Caselli, aujourd'hui à la tête de Marseille Provence Métropole (MPM).

Ce dernier a lancé en juillet un audit financier sur le projet. Les résultats, initialement attendus fin novembre, « ne seront connus que courant février », a indiqué Bernard Granié. Mais l'état des finances de MPM et « certaines déclarations lues dans la presse » inquiètent déjà les élus du SAN, qui militent depuis plusieurs années contre l'incinérateur et ses conséquences sur la santé. MPM, qui hérite du dossier lancé sous l'ère Gaudin, pourrait, selon eux, être refroidie par le coût d'une éventuelle transformation de la partie incinérateur de l'usine en centre de méthanisation, idée jusqu'à présent avancée par la nouvelle présidence. « Qu'on ne vienne pas mettre en balance la santé et l'argent du contribuable. Notre santé n'a pas de prix », insiste René Raimondi, maire (PS) de Fos.

En attendant l'audit, Ouest-Provence a annoncé hier plusieurs propositions pour abandonner la solution incinération. Leur projet : conserver la partie méthanisation de l'usine, qui doit gérer 110 000 tonnes de déchets et créer sur un terrain voisin un autre centre de méthanisation, qui traiterait 400 000 tonnes de déchets (les 300 000 tonnes prévues pour l'incinérateur plus 100 000 tonnes provenant des communes de Ouest-Provence). Coût total : 575 millions d'euros avec un contrat sur 27 ans, contre 400 millions d'euros sur 20 ans pour le projet actuel. Pour gérer le surcoût, les élus proposent, notamment, d'exonérer MPM de tout ou partie de la taxe professionnelle dégagée par l'usine et, surtout, d'en financer une partie, appelant MPM et le conseil général à faire de même. Le détail de cette proposition devrait être envoyé aujourd'hui à Eugène Caselli.