Dans l'affaire santos, l'Espagne a toutes les cartes en main

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Il y aura également un match retour dans le prétoire. Erlantz Ibarrondo-Merino, l'un des avocats de Santos Mirasierra, a annoncé hier qu'il allait faire appel de la condamnation du supporter de l'OM à trois ans et demi de prison ferme. Le recours devrait être déposé ce matin, en même temps qu'une demande de libération dans l'attente d'un nouveau jugement. L'avocat précisait hier à l'AFP être « optimiste » sur la possibilité d'obtenir cette remise en liberté, Santos n'ayant pas d'antécédent judiciaire et étant présumé innocent tant que la peine n'a pas été confirmée en appel.

Si la libération est accordée, Santos - détenu depuis le 1er octobre - pourra alors rentrer chez lui, à Miramas, en s'engageant à rester à la disposition de la justice espagnole : s'il ne respecte pas cette obligation, l'Espagne pourra saisir la police française.

Au cas où le juge décide de le garder en détention, Santos n'aura pas la possibilité de revenir en France tant que le jugement ne sera pas définitif. Et si la défense décide d'utiliser toutes les voies de recours, cela peut représenter plusieurs mois de procédure, car il reste encore au moins deux niveaux de juridiction au-dessus de la chambre d'appel. Une fois le jugement définitivement acté, le processus de « transfèrement » suppose lui aussi l'accord des autorités espagnoles. Et même après l'arrivée de Santos en France, l'Espagne restera seule compétente pour statuer sur une grâce ou des remises de peine.

Devant le tollé suscité en France par le jugement en première instance, le dossier Santos fait l'objet de discussions diplomatiques. Hier, le secrétariat d'Etat aux Sports réaffirmait que Bernard Laporte « suit l'affaire » pour le gouvernement français, en attirant l'attention des Espagnols « sur le caractère sensible » du dossier.

Frédéric Legrand