Municipales 2020 à Marseille : Le soutien de Jean-Luc Mélenchon à Michèle Rubirola, cadeau ou fardeau ?

MUNICIPALES Après de longs mois de silence, le député LFI de Marseille Jean-Luc Mélenchon a apporté son soutien à Michèle Rubirola. Un signal fort pour certains acteurs de la gauche marseillaise mais aussi une aubaine pour la droite

Mathilde Ceilles
— 
Jean-Luc Mélenchon lors d'une conférence de presse en juin 2020
Jean-Luc Mélenchon lors d'une conférence de presse en juin 2020 — Christophe Simon / AFP
  • Samedi Jean-Luc Mélenchon,
  • La coalition de gauche accueille ce soutien positivement, mais avec prudence, compte tenu du large spectre électoral qu’elle vise.
  • La droite voit en ce soutien une radicalisation du mouvement

Il a été l’un des grands absents avant le premier tour des municipales​. Certes, la réforme de la retraite lui a pris beaucoup de son temps. Mais le député de Marseille et chef de file de La France Insoumise s’est bien gardé de prendre part à la campagne des municipales à Marseille. Après avoir tenté de bâtir l’union de la gauche, Jean-Luc Mélenchon, en désaccord avec la stratégie adoptée par le Printemps marseillais et sa chef de file Michèle Rubirola, s’était fait discret. Le parlementaire s’est contenté de soutenir, dans les 13e et 14e arrondissements, une liste menée par un militant LFI… contre la liste du Printemps marseillais dans ce secteur.

Mais ce samedi, Jean-Luc Mélenchon est sorti du bois. Avec, en guise de cadeau, un soutien du bout des lèvres à Michèle Rubirola, arrivée en tête au premier tour. « Du point de vue de l’intérêt de la ville et de sa respiration, la population, les citoyens et les citoyennes de Marseille ont intérêt à se tourner du côté de la liste que dirige Mme Rubirola », concède-t-il. Et de tacler envers celle dont il dit douter de sa stratégie : « à un deuxième tour, on n’hésite pas entre la gauche, même traditionnelle, et la droite pour des gens comme moi. »

« Les masques tombent »

« Ce soutien n’a pas été si simple, analyse Sophie Camard. Il a fait ce qu’il devait faire. Il n’était pas normal que le seul député de gauche à Marseille soit dans le silence. Vous savez qu’on a eu des désaccords sur la stratégie politique d’un grand rassemblement. Mais je n’aimais pas cette situation qui créait de l’ambiguïté. » Désormais, selon elle, « des électeurs de gauche qui hésitaient à voter le Printemps marseillais vont peut-être se mobiliser ».

Presque immédiatement après l’annonce de ce soutien, la droite s’est engouffrée dans une brèche, répétant les mêmes éléments de langage qui consistent à associer les candidats de gauche aux « amis de Mélenchon », comme l’écrit encore Martine Vassal dans un communiqué envoyé mardi dans la soirée. « Les masques tombent, lance Valérie Boyer, porte-parole de Martine Vassal. Certains électeurs auraient pu penser que le Printemps marseillais était une liste d’écolos sympathiques. Mais ce sont en réalité des candidats de la France Insoumise ! Et il n’y a aujourd’hui qu’un seul match, celui entre l’extrême gauche et Martine Vassal ! »

Lors d’une récente conférence de presse, Martine Vassal a même qualifié la liste menée par Michèle Rubirola de « péril rouge ». Une stratégie de la présidente de la métropole que refuse de commenter Benoît Payan, issu du PS et porte-parole de Michèle Rubirola. « C’est ridicule. Qu’elle réponde en parlant de son bilan, et je répondrai en parlant de mon programme. » La coalition de gauche sait toutefois ce qu’un tel soutien signifie, au regard du large spectre électoral qu’elle vise. « Jean-Luc Mélenchon est une personnalité comme on dit aujourd’hui clivante, concède Sophie Camard. Mais on aura aussi le soutien de personnalités plus centristes ou écologistes, dans une logique de rassemblement de la gauche qu’est la nôtre. » Ce mardi, dans la soirée, le Printemps marseillais a ainsi annoncé la venue ce jeudi du maire EELV Eric Piolle, qui déambulera dans les arrondissements dans lesquels Michèle Rubirola est candidate.