VIDEO. Municipales 2020 à Marseille : Divisions, quadrangulaires et risque RN, le second tour s’annonce très tendu

MUNICIPALES Plusieurs triangulaires, voire quadrangulaires, vont avoir lieu pour le second tour des élections municipales à Marseille, faute d’aboutir à des alliances, à gauche comme à droite

Mathilde Ceilles

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Un homme devant les affiches des élections municipales à Marseille.
Un homme devant les affiches des élections municipales à Marseille. — Fabien Dupoux/SIPA
  • A Marseille, la gauche est parvenue à s’unir dans six des huit secteurs.
  • Aucun accord n’a pu aboutir toutefois entre Samia Ghali et le Printemps marseillais dans les quartiers Nord.
  • Deux listes de gauche se sont retirées pour faire barrage à Stéphane Ravier.

Le suspense aura été tenace jusqu’au bout, au tomber de rideau, à 18 heures. Ce mardi marquait la date limite de dépôt de liste des candidats au second tour des élections municipales de Marseille. Après d’âpres négociations et des tractations sans fin, la préfecture des Bouches-du-Rhône a été, ce mardi, le temps d’une journée un peu spéciale, le théâtre d’un étrange ballet de prétendants au trône occupé par Jean-Claude Gaudin ​depuis un quart de siècle. Certains sont venus accompagnés d’un nouveau partenaire pour tenter de construire d’ici le 28 juin un duo gagnant. D’autres ont décidé de faire cavalier seul, quitte à jouer les trouble-fêtes. 20 Minutes fait le point sur les alliances et mésententes qui ont façonné les contours du second tour.

La gauche unie dans six des huit secteurs

D’abord opposé à faire partie de la coalition de gauche, dite le Printemps marseillais, arrivée en tête lors du premier tour, EELV s’est finalement rallié à ce mouvement dans six des huit secteurs de la ville. Pour ces nouveaux amis, le mot d’ordre devant les grilles de la préfecture est le même : cette union de la gauche, accouchée après de longues négociations, permet de mettre fin au « système Gaudin » et d’incarner, comme le dit Benoît Payan, porte-parole du Printemps marseillais, « l’opposition à Martine Vassal » « Ce n’est pas une trahison de nos électeurs », précise de lui-même devant la préfecture Hervé Menchon, ex-tête de liste EELV dans les 11e et 12e arrondissements, comme s’il anticipait d’ores et déjà les critiques…

Pas d’accord entre le Printemps et Samia Ghali

Cette union toutefois ne saurait cacher les désaccords profonds qui traversent les forces de gauche, notamment dans les quartiers Nord. Malgré des discussions jusqu’à la dernière minute pour parvenir à un accord dans le 15 et 16e arrondissement, le communiste Jean-Marc Coppola, tête de liste du Printemps Marseillais, est venu seul déposé une liste. Aucune alliance n’a été finalement actée avec la sénatrice DVG de ce secteur Samia Ghali, en tête au premier tour et qui avait obtenu le soutien d’EELV dans ces arrondissements afin de faire barrage au RN, en deuxième position.

Dans un communiqué, Samia Ghali dit « regretter l’irresponsabilité politique et l’inconscience de la liste conduite par Jean-Marc Coppola » qui « fait prendre le risque aux habitants du 15-16 de voir arriver l’extrême droite à la mairie de secteur ». Devant la préfecture, chaussé de ses lunettes, Jean-Marc Coppola découvre sur le téléphone d’un confrère journaliste le communiqué de celle qui sera donc une de ses adversaires politiques. « C’est nous qui lui avons tendu la main », peste-t-il. Et d’ajouter : « Nous n’avons pas réussi à rassembler. C’est dommage mais il n’y a pas péril en la demeure ». « On aurait souhaité un rassemblement le plus large possible pour battre le Rassemblement national, soupire Sébastien Barles, chef de file EELV. Mais certains ne voulaient pas s’allier, et on n’est pas pour le mariage forcé non plus ! »

Vers un duel des droites dans le 13-14

La situation est toutefois différente dans le secteur voisin. Pour faire barrage au sénateur RN Stéphane Ravier, les deux candidats de gauche qui pouvaient se maintenir, Jérémy Bacchi d’une part pour le Printemps Marseillais et Julien Rossi pour Samia Ghali, ont décidé de retirer leurs candidatures. « Il est pour moi inconscient et amoral d’être seulement candidat pour faire perdre », justifie Julien Rossi sur Twitter. Pour tenter de conserver la mairie de ce secteur, dans l’escarcelle du Rassemblement national depuis 2014, Stéphane Ravier devra faire face au candidat LR David Galtier, arrivé en seconde position au premier tour avec 18,21 % des voix.

La droite divisée

Fait extrêmement rare dans l’histoire politique marseillaise, les électeurs de plusieurs secteurs auront à choisir entre quatre candidats. La faute notamment à la fracture profonde entre la candidate LR Martine Vassal et son meilleur ennemi, le dissident Bruno Gilles. Ainsi, dans les 2e et 3e arrondissements, face à Benoît Payan, la maire sortante et candidate de Bruno Gilles Lisette Narducci s’est allié à LREM pour faire face à la candidate LR officielle, Solange Biaggi. Le tout au côté de Jeanne Marti du Rassemblement national. Même scénario pour les 11 et 12e arrondissements. Dans ce secteur, pour conserver son mandat, le maire LR sortant Julien Ravier devra battre le candidat RN Franck Allisio, l’union de la gauche mais aussi Robert Assante, qui représente dans ces arrondissements Bruno Gilles.

Sur les terres de Jean-Claude Gaudin, Martine Vassal se retrouvait en difficulté, avec une candidate du Printemps marseillais, Olivia Fortin, arrivée en tête au premier tour. La présidente LR de la métropole était toutefois parvenue à convaincre Ludovic Perney, la tête de liste du sénateur DVD Bruno Gilles, de le rejoindre. Le répit a été de courte durée. Martine Vassal va en effet devoir affronter la tête de liste LREM Yvon Berland, qui, du haut de ses 12.25 %, a décidé de refuser toutes les propositions d’alliance pour faire cavalier seul.