La fusion des universités devient brûlante

Frédéric Legrand - ©2008 20 minutes

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Pas encore de statuts, mais déjà un organigramme, à la fois politique et administratif. Les conseils d'administration de chacune des universités de Provence, Paul-Cézanne et Méditerranée, ont validé la semaine dernière la structure générale de la future université unique Aix-Marseille, ont annoncé vendredi les trois présidents.

Côté administratif, le système est scindé en deux : des services centraux et des services dédiés à chacun des cinq campus (Aix, Marseille-Centre, l'Etoile, la Timone et Luminy). Ce nouveau schéma doit permettre aux UFR « de se recentrer sur leurs missions de formation et de recherche ». Sur le plan politique, l'université serait dirigée par un président, assisté de trois vice-présidents de conseils (scientifique, administration, études et vie universitaire) et d'un vice-président étudiant. L'organigramme précise que la direction « disposera de locaux à Aix et à Marseille ». Ellipse prudente pour ne pas braquer la mairie d'Aix, qui en a déjà appelé à Nicolas Sarkozy afin de conserver le siège de l'université. Parallèlement, UFR, écoles et instituts seront regroupés en cinq secteurs : droits et études politiques, économie et gestion, lettres et sciences humaines, santé, science et technologie. Chacun dirigé par un vice-président.

Selon les termes de la loi LRU, l'essentiel du pouvoir de décision reviendra au conseil d'administration (CA), qui comptera au maximum 30 membres, dont 14 enseignants et 5 étudiants pour représenter plus de 70 000 étudiants et 3 700 profs. Favorables au principe de la fusion, syndicats d'enseignants et d'étudiants s'inquiètent néanmoins des effets d'une concentration des pouvoirs. « Cela sera beaucoup moins démocratique, met en garde Bruno Truchet, enseignant-chercheur et élu Snesup à l'université de Provence. Toute fâcherie avec un membre du CA pourra avoir des conséquences graves. » Sortir de ce cadre semble cependant difficile, sauf à obtenir un statut dérogatoire à la loi LRU. Prochaine étape pour les trois universités : affiner l'offre de formation et de recherche, afin de supprimer les doublons. « Cela sera surtout utile en fac d'éco, note Julie Toubiana (Unef). Et cela peut permettre de mettre en commun des amphis et des salles de TD. » Lancée en juin 2007, la fusion est annoncée pour janvier 2010.