la lutte contre le sida demande des moyens

Stéphanie Harounyan - ©2008 20 minutes

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Ne pas relâcher la pression. A l'occasion de la 20e Journée mondiale de lutte contre le sida, l'association Aides tire la sonnette d'alarme, s'inquiétant d'un « relâchement » des politiques publiques en matière de prévention et d'accès aux soins. Illustration en Paca, le retard pris autour du Corevih (comité de coordination régionale de la lutte contre le VIH-Sida). Cette instance, créée en 2005, a pour mission de mettre en relation médecins, associations et patients. Mais alors que le Corevih Paca-Ouest-Corse a été officiellement installé en novembre 2007, les moyens se font attendre.

« On n'a pas de personnel, pas de locaux... L'agence régionale de l'hospitalisation et l'Assistance publique ­(AP-HM) nous disent que ça va se faire, mais ça fait un an que ça dure », souligne Hervé Richaud, directeur régional de Aides et vice-président du Corevih. « Le recrutement est en cours et les locaux ont été identifiés, on arrive au bout du processus », assure de son côté la direction de l'AP-HM.

Au-delà du cas du Corevih, c'est toute une démarche de réduction des budgets que dénoncent les acteurs de terrain. Dans les hôpitaux marseillais, plusieurs consultations de spécialistes dans le suivi des personnes séropositives ont été supprimées au sein des services de maladies infectieuses. A La Conception notamment, la vacation de gynécologie a été supprimée.

« Il semble que cette maladie ne soit plus une priorité pour les décideurs, déplore Jacques Moreau, président du COREVIH Paca-Ouest et médecin au service des maladies infectieuses à l'hôpital Nord. Or, le sida n'est pas une maladie comme les autres. Elle fait encore peur, il y a de la discrimination. On a besoin d'un spécialiste sur place et pas d'attendre un rendez-vous dans un autre service. Le nombre de patients ne fait qu'augmenter, il faut donc des moyens au moins égaux. » Restriction de l'offre de soins, financement en baisse pour les associations, banalisation médicale du VIH... « Est-ce qu'on considère que le sida n'est plus un problème de santé publique, questionne Hervé Richaud. Si on se relâche, tous les ingrédients seront réunis pour que l'épidémie reparte. »