Coronavirus à Marseille : Le cinéma de quartier La Baleine lance des séances en ligne

CULTURE La Baleine, petit cinéma marseillais ouvert il y a à peine un an, a décidé de continuer son activité et soutenir l’industrie cinématique malgré le confinement en proposant des séances en ligne

Mathilde Ceilles

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Illustration d'une salle de cinéma
Illustration d'une salle de cinéma — Prabin Ranabhat / SOPA Images/Si/SIPA
  • Fermé depuis plusieurs jours, le cinéma de quartier marseillais La Baleine a décidé de continuer à subsister… en ligne.
  • Des films en VOD vont être proposés sur le site Internet du cinéma, avec une programmation choisie par ses équipes, comme habituellement.

Malgré les restrictions liées à la crise sanitaire du coronavirus, La Baleine ne veut pas couler. La petite salle de cinéma marseillaise, ouverte il y a un peu plus d’un an dans le centre-ville, a décidé d’innover et de proposer à ses spectateurs… Des séances en ligne.

A partir de ce mercredi, jour des sorties cinéma, cette petite salle de cinéma de quartier propose sur son site Internet, en VOD, une véritable programmation de quelques films moins connus du grand public, à l’image de sa programmation en temps normal. Chaque séance est accessible pour un prix de quatre euros. Par ce biais, face à la concurrence des plateformes de streaming, La Baleine espère pouvoir subsister et garder un lien avec les Marseillais.

Garder un lien avec les spectateurs

« Le principe, c’est de permettre à un cinéma comme le nôtre de continuer à être en relation avec les spectateurs pour leur faire des recommandations, explique ainsi Thomas Ordonneau, directeur de la Baleine. On propose un regard, une programmation, ce qui est le rôle d’un cinéma." Ainsi, le cinéma met par exemple à l'"affiche" le documentaire du marseillais Jean-Robert Viallet Des hommes, sorti il y a quelques semaines et qui propose une immersion dans la prison des Baumettes. Une programmation qui changera chaque semaine, le mercredi, comme d’habitude.

"Les contenus que propose Netflix, c’est un peu l’auberge espagnole, insiste Thomas Ordonneau. Ils mettent plein de contenus qui correspondent à la cible de Netflix selon un algorithme, alors que nous, notre programmation, ce sont nos choix, les films qu’on veut défendre et qu’on aime montrer."

Soutenir le cinéma

Selon Thomas Ordonneau, la manoeuvre n’est pas tant commerciale, puisque le cinéma ne perçoit qu’un euro environ par téléchargement. Pour la Baleine, ces séances en ligne sont aussi une manière de soutenir l’industrie du cinéma, touchée de plein fouet par les consignes de confinement,

"Nous sommes aussi distributeurs de film, rappelle Thomas Ordonneau. Nous avons décidé ainsi de sortir aujourd’hui en ligne le film Monsieur Deligny, Vagabond efficace, que nous distribuons. Il devait avoir sa sortie nationale en salle ces jours-ci mais nous avons pris l’initiative de le mettre en ligne sans attendre une autorisation formelle. Nous avons envoyé un courrier au CNC pour leur signaler, en leur demandant une dérogation exceptionnelle." Un espoir peut-être pour les nombreux films plus ou modestes qui devaient initialement être diffusés dans les prochaines semaines au cinéma.