Municipales 2020 à Marseille : Pluie de plaintes, bagarres... Campagne sous haute tension à une semaine du premier tour

POLITIQUE En un mois, le parquet de Marseille a enregistré pas moins de sept plaintes de différents candidats aux municipales, pour des problèmes d’affichages… ou des bagarres entre colleurs d’affiches

Mathilde Ceilles

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La mairie de Marseille
La mairie de Marseille — Gérard Julien / AFP
  • Sept plaintes ont été déposées en un peu plus d’un mois par plusieurs candidats aux municipales de Marseille.
  • Des tensions se cristallisent autour de l’affichage électoral et des colleurs d’affiches, jusqu’à aboutir à des bagarres.

Sept plaintes en un mois, soit plus d’une plainte par semaine déposée par plusieurs candidats, à droite comme à gauche. A Marseille, la campagne pour les municipales s’achève dans un rare climat de tensions. Rien que ce week-end, la candidate de la coalition de gauche Michèle Rubirola ​a décidé de porter plainte contre X pour atteinte à la vie privée. A l’issue du même week-end, un colleur d’affiches pour Stéphane Ravier (Rassemblement national) s’est rendu également au commissariat pour dénoncer des coups et blessures supposés de la part d’un colleur d’affiches de Martine Vassal, candidate Les Républicains.

D’autres plaintes ont été déposées pour diffamation ou encore menaces de mort par la même Martine Vassal, qui a notamment dénoncé la diffusion d’un tract anonyme qui relayait les condamnations judiciaires de son fils. « Si j’étais allée déposer plainte à chaque fois que nous avons été victimes de menaces, j’y serais allé un paquet de fois », avance même Stéphane Ravier. Ce dernier a déjà déposé plainte pour une précédente agression présumée d’un de ses colleurs d’affiches par un militant de Martine Vassal.

« Je n’ai jamais vu ça »

« C’est tendu, moi, je n’ai jamais vu ça, confie Bruno Gilles (DVD). Je peux pourtant dire que je suis un des vétérans dans cette campagne, puisque j’en ai fait 21 ici en tant que directeur de campagne. Et j’ai rarement senti un climat aussi détestable, aussi tendu, aussi peu serein, aussi délétère. » Et d’avancer : « Avant, le choix était plus binaire. C’était Gaudin contre Mennucci, Gaudin contre Guerini. Là, le choix est plus vaste, alors je ne sais pas si ça joue… »

« Je pense que l’incertitude du scrutin galvanise les détracteurs, abonde Gaëtan Poitevin, porte-parole de Samia Ghali (DVG). Personne ne sait ce qui se passera au soir du premier tour. Il y a aussi une tension qui est liée au fait que la gauche est divisée, et la droite est divisée. Ça a entraîné des tensions entre les partis. »

Et de regretter : « Les candidats jouent avec ces buzz-là pour essayer de faire des coups médiatiques. C’est personne contre personne, attaque personnelle contre attaque personnelle, problème de tract contre problème de tract, des thèmes superflus, plutôt que du fond, des débats d’idées, ce que l’on nous réclame sur le terrain… »

Martine Vassal en première ligne

Plusieurs candidats accusent notamment les colleurs de Martine Vassal de ne pas respecter les règles « La réalité veut que les plaintes sont déposées pour les mêmes motifs, devant des mêmes agresseurs présumés, affirme Stéphane Ravier. Le problème vient uniquement du camp Vassal. On n’a aucun problème avec les colleurs de Bruno Gilles par exemple. C’est encore le résultat de la méthode Vassal qui consiste à ne respecter aucune règle. Ce n’est pas étonnant que ses afficheurs se conduisent en voyou à partir du moment où leur cheffe se conduit elle-même en voyou. »

« Tout le monde se plaint du climat détestable dû aux équipes de Martine Vassal », enfonce Bruno Gilles, candidat dissident de la droite. En fin de semaine dernière, le candidat LREM Yvon Berland a saisi le préfet des Bouches-du-Rhône pour signaler le non-respect du code électoral. « Dans le 7ème arrondissement et dans une partie du 1er, les équipes de Madame Vassal et Madame Bernasconi [sa tête de liste dans le secteur] ont systématiquement recouvert le panneau #1 qui nous a été attribué par la préfecture, ainsi que les panneaux attribués aux autres candidats, indique l’ancien président d’université dans un communiqué. Ces pratiques illégales entravent le débat démocratique. Leur but est clair alors que les membres de notre liste à 95 % issus de la société civile et jamais élus doivent se faire connaître auprès des Marseillaises et Marseillais. »

Trois plaintes de Martine Vassal

A en croire l’entourage de Martine Vassal, la candidate de la droite serait la première des victimes de cette violente campagne, ce qui l’a poussée à déposer pas moins de trois plaintes sur les sept enregistrées ce mois-ci, et à saisir le préfet de police des Bouches-du-Rhône pour « veiller au bon déroulement du scrutin. » « Quand on vous menace de morts ou qu’on s’en prend à votre famille, à un moment, la coupe est pleine », lance Valérie Boyer, porte-parole de la candidate LR.

« Cette violence, il y a toujours eu ça, estime-t-elle. La difficulté aujourd’hui que nous avons, c’est que, effectivement, une candidate, Martine Vassal, se détache vraiment du lot face à d’autres personnes qui découvrent la politique sur le tard. Vous avez des personnes agressives car Martine Vassal dérange. Ce n’est ni logique, ni agréable, c’est malheureusement souvent le cas. On intériorise tellement la violence qu’on s’habitue et qu’on se blinde. » Et de souffler, à propos de cette campagne : « On a hâte que ça se termine. »