Marseille : Face à la grève des éboueurs, la métropole demande au préfet de réquisitionner les agents

POUBELLES Face à la grève des éboueurs contre la réforme des retraites, la métropole de Marseille veut réquisitionner les agents grévistes pour assurer la collecte des déchets

Mathilde Ceilles
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Les éboueurs sont en grève à Marseille depuis une dizaine de jours
Les éboueurs sont en grève à Marseille depuis une dizaine de jours — Mathilde Ceilles / 20 Minutes
  • Une grève des éboueurs CGT perturbe le ramassage des poubelles à Marseille depuis le 23 janvier.
  • Ces éboueurs protestent contre la réforme des retraites, mais ont aussi des revendications locales.
  • Sans ouvrir de négociations avec le syndicat, la métropole a décidé de demander la réquisition des agents grévistes.

Place désormais à la méthode forte. Face à la grève des poubelles que connaît Marseille depuis une dizaine de jours, la métropole d’Aix- Marseille Provence, dont la présidente Martine Vassal est candidate LR à la mairie de Marseille, annonce dans un communiqué lancer dès ce jeudi la procédure de réquisition des éboueurs grévistes​, qui protestent, entre autres, contre la réforme des retraites.

« Malgré les moyens mis en place pour assurer la continuité du service public, 3.000 tonnes d’ordures ménagères sont toujours présentes sur l’espace public, indique la métropole dans un communiqué de presse. Face à l’impossibilité de résorber ce surplus et afin de permettre un retour rapide à la normale, la métropole a demandé au préfet de région de procéder à la réquisition du personnel gréviste dès demain. »

« On n’arrive pas à faire face »

Et d’affirmer : « considérant que l’origine du mouvement de grève est bien nationale, car liée au projet de réforme des retraites, la métropole Aix-Marseille Provence se trouve dans l’obligation d’avoir recours à la procédure de réquisition, car l’examen du texte de loi n’est prévu qu’au mois de mars. Il n’aurait pas été responsable de laisser perdurer une situation pouvant poser rapidement de graves problèmes d’hygiène et de salubrité publiques. »

Depuis le 23 janvier, tout comme à Paris, la collecte des déchets est perturbée dans huit des 16 arrondissements de Marseille. Plus tôt, dans la journée, lors d’une conférence de presse, le président du conseil de territoire Jean Montagnac affirmait que la métropole « n’arrive pas à faire face » aux conséquences de ce mouvement, initié, selon lui, par « quelques grévistes » de ce syndicat minoritaire au sein de la métropole, qui représentent « en gros, 1 % de nos agents ».

« Qu’ils fassent ! »

Même si, selon la métropole, les centres de tri ne sont plus bloqués, la collecte des déchets a enregistré un retard que la collectivité peine à rattraper, et qui justifie le recours, selon eux, à des prestataires privés, pour un coût pour l’heure de 110.000 euros. « La direction du cabinet de la préfecture de région fait savoir qu’elle n’a reçu pour le moment aucun courrier de la métropole en ce sens », indique la préfecture de région.

« Ils veulent la réquisition ? Qu’ils fassent ! », peste Véronique Dolot, membre de la direction du syndicat CGT des Bouches-du-Rhône. Et d’affirmer : « On s’y attendait, comme la métropole ne respecte pas le droit de grève. Nous n’avons toujours pas été reçus par la métropole. Les grévistes n’ont pas été réunis autour d’une table, pour trouver des solutions. Ils n’agissent que par la force. »

Dans deux préavis de grèves datés de novembre dernier et du 19 janvier, que le syndicat a distribué à la presse, la CGT établit, outre sa demande de rejet, une liste de revendications locales, comme une harmonisation de la rémunération des agents, selon eux différentes d’une ville à l’autre au sein même de la métropole. Chaque jour, selon la métropole, 1.200 tonnes de déchets doivent être ramassées à Marseille.