Marseille : Le musée subaquatique des Catalans relancé

LOISIRS Au cœur d’une bataille judiciaire, le musée subaquatique de Marseille va finalement bien voir le jour, après un accord entre les porteurs du projet et ses opposants

Mathilde Ceilles

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Les « Néréides », de  l'artiste Evelyne Galinski se prépare à rejoindre le musée subaquatique de Marseille.
Les « Néréides », de l'artiste Evelyne Galinski se prépare à rejoindre le musée subaquatique de Marseille. — Guillaume Ruoppolo
  • Le collectif de défense du littoral 13 s’était opposé au principe d’un musée subaquatique à Marseille.
  • L’association avait même réussi à faire suspendre le projet par le tribunal administratif.
  • Elle se rallie finalement à cette initiative. Le musée devrait ouvrir ses portes d’ici à quelques mois.

En langage marin, on appelle ça « virer de bord ». Après s’être longtemps opposé au projet de musée ​subaquatique de Marseille, au point de porter l’affaire devant la justice et de parvenir à faire suspendre le projet par le tribunal administratif, le collectif de défense du littoral 13 a décidé de soutenir cette initiative. Un accord a été trouvé entre les deux parties, et les procédures judiciaires en cours ont été suspendues, si bien que ce projet, qui consiste à immerger dix statues au large de la plage des Catalans, pourrait bel et bien voir le jour dès « le premier semestre 2020 », selon Antony Lacanaud, directeur du développement du musée subaquatique.

Comment expliquer un tel revirement de situation ? A l’époque de la bataille judiciaire, le collectif mettait en avant ses craintes et ses doutes sur l’aspect sécuritaire d’un tel projet. « On n’avait pas été suffisamment consulté, estime Gérard Jeanson, président du collectif du littoral 13. Il faut qu’il y ait une vraie sécurité, une vraie surveillance des gens qui visitent le musée. C’est ça qui faisait peur. On m’a demandé de porter plainte. Je l’ai fait. »

Un « compromis »

Et d’ajouter : « Mon avocat, je ne veux même pas en entendre parler. Je trouvais ridicule qu’on aille en procédure alors que je n’ai jamais été contre les activités associatives. Je suis bien content qu’on ait trouvé un compromis. Maintenant, on va faire une réunion publique avec les riverains. On va expliquer aux habitants pourquoi on s’est rassemblé. »

Parmi les garanties apportées par les porteurs du projet, la présence de « bénévoles », selon Gérard Jeanson, qui surveilleront en permanence le site pour éviter les noyades. « Tant mieux si on arrive à trouver des accords, se réjouit Antony Lacanaud. Quand on a un manque de communication, les gens imaginent des choses, qu’on a filé un billet comme ça, ou je ne sais quoi. Mais ce sont des fantasmes. Aujourd’hui, on évite la polémique grâce à un accord et au fait qu’on ait discuté ».

Un comité de suivi au sein duquel le collectif va siéger va être créé. Antony Lacanaud espère une ouverture « avant le début de la saison balnéaire », soit avant le printemps prochain. « On est prêt, explique-t-il. Les statues sont finalisées et attendent dans un entrepôt dans la Drôme. » Avant d’être définitivement immergées, elles seront présentées au public les 14 et/ou 15 mars, soit le week-end du premier tour des élections municipales.