Marseille : Un an de prison ferme en appel pour une agression homophobe

CONDAMNATION Un couple gay avait été agressé à l’été 2019 sur le Vieux-Port

R. G.-V. avec AFP

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Au tribunal d'Aix-en-Provence. (illustration)
Au tribunal d'Aix-en-Provence. (illustration) — GERARD JULIEN / AFP

Un intérimaire marseillais âgé de 34 ans a été condamné en appel à Aix-en-Provence à un an de prison ferme en appel pour l’agression homophobe d’un couple à Marseille en juillet 2019, a-t-on appris vendredi de source judiciaire. Le 28 juillet 2019, vers 1h du matin, deux touristes venus de Toulouse étaient assis sur le Vieux-Port, enlacés sur un banc public, la tête de l’un posée sur l’épaule de son compagnon, lorsqu’ils avaient été pris à partie par deux hommes. « Qu’est-ce que vous faites ? Vous êtes ensemble ? », les avait apostrophés l’un des deux agresseurs avant de les pousser et d’asséner un coup au visage de l’un d’eux.

Alors que les victimes tentaient d’alerter des passants en criant « Police ! Police ! », ils s’entendaient rétorquer : « Vous appelez la police, vous êtes pédés ? », des propos accompagnés de gestes à caractère sexuel et de paroles obscènes. Des policiers présents à proximité avaient interpellé les deux agresseurs.

Peine aggravée

Présentés le lendemain en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel, l’un d’eux avait été placé en détention provisoire dans l’attente de son jugement, en raison d’un séjour irrégulier en France. Le second, ayant fait l’objet de plusieurs condamnations mais titulaire d’un emploi, avait été laissé en liberté sous contrôle judiciaire.

C’est ce dernier qui avait fait appel de la peine d’un an de prison ferme que le tribunal avait prononcé le 14 août contre les deux prévenus. « Les deux victimes ont bien été agressées du fait de leur orientation sexuelle, ce qui est parfaitement inadmissible et témoigne d’une intolérance », avait estimé le tribunal. Devant la cour d’appel qui ne rejugeait que l’un d’eux, l’avocat général avait requis une aggravation de la peine à dix-huit mois de prison, estimant que « le mobile de ces violences (était) à l’évidence l’homophobie ».