VIDEO. Marseille: Une exposition au Mucem rassemble 500 vieux jouets qui ont fait la gloire industrielle de la ville

CULTURE Une exposition du Mucem retrace, à quelques jours de Noël, un passé industriel méconnu de Marseille, qui a longtemps abrité des fabricants de jouets anciens

Mathilde Ceilles

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Une vieille petite voiture exposée au MuCem à la veille de Noël
Une vieille petite voiture exposée au MuCem à la veille de Noël — Mathilde Ceilles / 20 Minutes
  • Une exposition, baptisée Massilia Toy, s’est ouverte au Mucem à quelques jours de Noël.
  • Cette exposition rassemble 500 vieux jouets, issus essentiellement du siècle dernier.
  • Ces jouets, 100 % marseillais, sont à la fois le témoin d’une ère industrielle révolue et le reflet de la société de l’époque.

Des petites voitures quelque peu datées, des machines à coudre d’un autre temps, des déguisements de Davy Crockett… Autant de jouets qui ont commencé leurs vies derrière les vitrines d’un magasin, juste avant Noël et qui, des années plus tard, à la veille des fêtes, se retrouvent derrière les vitrines… d’un musée. En cette période de fêtes de fin d’année, le Mucem de Marseille a décidé de faire la part belle aux jouets anciens dans une exposition intitulée « Massilia Toy », à découvrir avant le 1er mars.

Mais attention, comme le sous-entend l’intitulé, pas n’importe quels jouets : les 500 joujoux exposés, datant majoritairement du siècle dernier, sont tous de fabrication marseillaise. Signe d’un temps où cette industrie était un des poumons économiques névralgiques de la cité phocéenne, à en croire les deux commissaires de l’exposition.

« Il n’y a pas que les savons à Marseille »

« Il n’y a pas que les savons à Marseille », lance Christophe Feraud. Avec son ami de longue date Bruno Cirla, tous deux ont monté cette exposition uniquement à partir de leurs propres collections de brocanteurs passionnés, spécialistes dans le jouet ancien.

« Il y a eu une véritable industrie du jouet à Marseille, affirme-t-il. Ça a commencé en 1869, de manière artisanale avec Sedallian. Mais Marseille comptait quelques entreprises qui dominaient le marché, comme France Jouet, qui employait sur son site de la Capelette jusqu’à 500 ouvriers durant la période qui précédait Noël ! »

Des jouets vendus dans le monde entier

D’autres entreprises marseillaises phares dans l’industrie du jouet ont longtemps inondé le marché, à l’image des fausses machines à coudre Ma Cousette, vendues dans le monde entier comme l’attestent les catalogues multilingues retrouvés par les brocanteurs. « Le jouet marseillais était vendu dans toute la France, et même à l’international », affirme Bruno Cirla. Une industrie qui s’est implantée et s’est développée au milieu du siècle dernier dans la cité phocéenne « car c’était une grande », rappelle le brocanteur, mais qui a soudainement décliné à partir de mai 1968, date à laquelle certaines grosses usines ont été marquées de plein fouet par les importantes grèves.

« Même des années après, le jouet peut susciter une émotion, s’émerveille Christophe Feraud. Le jouet est attaché à un souvenir, il rappelle un moment avec une sœur décédée, ou un moment heureux… Il nous est déjà arrivé d’avoir des gens en larmes devant les vitrines ! »

« C’est aussi le reflet de la vie d’une époque, c’est un témoignage de l’histoire. » Au fil des vitrines, difficile en effet de ne pas remarquer notamment le caractère très genré des jouets proposés au siècle dernier, avec les petites voitures à destination des petits garçons et les machines à coudre et autres dînettes à destination des petites filles…