Immeubles effondrés à Marseille: Un an après, des milliers de manifestants dans les rues

COLERE « On n’oublie pas, on ne pardonne pas »… Les manifestants étaient particulièrement remontés contre les autorités locales

Guillaume Novello
Des Marseillais défilent en hommage aux victimes des effondrements d'immeubles rue d'Aubagne, il y a un an.
Des Marseillais défilent en hommage aux victimes des effondrements d'immeubles rue d'Aubagne, il y a un an. — Daniel Cole/AP/SIPA

« Ni oubli, ni pardon. » Un an après l’effondrement d’immeubles vétustes dans le centre populaire de Marseille, qui avait fait 8 morts, des milliers d’habitants de la cité phocéenne ont manifesté samedi en soutien aux familles des victimes et pour crier leur colère.

« Gaudin assassin », « On n’oublie pas, on ne pardonne pas » : tout au long du cortège, descendu du centre-ville vers la mairie, située sur le Vieux-Port, derrière une banderole portée par des proches des 8 personnes tuées dans la catastrophe le 5 novembre 2018, les manifestants ont repris de nombreux slogans déjà entonnés dans les rassemblements qui avaient suivi le drame il y a un an. Beaucoup portaient de petites maisons de carton sur la tête, ont constaté des journalistes de l’AFP. La manifestation a rassemblé jusqu’à 20.000 personnes selon les organisateurs, et 6.700 selon la police.

Une « incurie locale spectaculaire »

« Le pays n’a pas réglé son problème du mal-logement », a déclaré à la presse le député LFI de Marseille Jean-Luc Mélenchon avant le départ du cortège, déplorant une « incurie locale spectaculaire ». D’autres élus ou personnalités politiques locales, comme le chef de file de l’opposition socialiste à la mairie, Benoît Payan, le conseiller municipal PCF Jean-Marc Coppola, ou le candidat EELV aux municipales de mars 2020 Sébastien Barles, ont également pris part à la manifestation.


« Il y a un an déjà, j’étais venu à la première marche de la colère [contre l’habitat indigne], et ça fait vraiment mal de se rendre compte qu’en un an, pas grand-chose n’a changé », a déploré auprès de l’AFP Fayçal Oubada, 45 ans, venu manifester avec sa femme et ses deux filles. A l’approche de l’hôtel de ville, l’ambiance de la manifestation s’est tendue, a constaté l’AFP. Des incidents avaient déjà eu lieu au même endroit lors de manifestations similaires fin 2018.