L'armée touchée mais pas coulée

Frédéric Legrand - ©2008 20 minutes

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Chambardement dans les armées. Avec la réorganisation prévue par le ministère de la Défense, la zone de défense sud (Languedoc, Paca et Corse) devrait être « la plus militarisée de France à partir de 2014 », estime le général Alain Bidard, officier général de la zone. Relativement épargnée par la réforme des armées, Paca n'en devrait pas moins perdre des emplois. « Entre les unités qui arrivent et celles qui sont transférées ou fermées, le solde est de 570 emplois civils et militaires en moins sur les 65 000 que compte la zone », détaille le général Bidard. Dans les Bouches-du-Rhône, le solde est de 540 postes en moins, sur 6 500.

Selon les syndicats, les pertes affecteraient surtout Marseille, avec 600 à 700 postes supprimés ou transférés, notamment le centre de paiement de l'armée de terre à la caserne du Muy, et la direction des anciens combattants. « Ce sont les civils affectés à des emplois de soutien qui sont les plus concernés, s'inquiète Alain Pouyfaucon (CFDT). Nous avons déjà vécu deux plans de réorganisation des armées, mais celui-ci dispose d'encore moins de moyens d'accompagnement, alors qu'il va toucher cinq fois plus de monde. » Bernard Bourdelin (CGT) assure qu'il y a encore une marge de négociation : « Les fermetures d'unité n'ont pas été inscrites au Journal officiel, elles ne sont pas gravées dans le marbre, et le plan social d'accompagnement est loin d'être finalisé. » Après une première série d'actions organisées en région au mois de juin, l'intersyndicale appelle à une manifestation nationale, à Paris le 11 octobre.