La SNCM toujours en rade d’accord

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Jusqu’à nouvel ordre, la grève continue. Hier soir, quelque 700 passagers qui devaient embarquer vers la Corse sur le Pascal Paoli et le Danielle Casanova – deux navires de la Société nationale Corse-Méditerranée (SNCM) – ont été de nouveau réorientés sur les lignes des compagnies concurrentes. Samedi soir déjà, près de 2 500 personnes, pour la plupart des Corses de retour des sports d’hiver, s’étaient repliées sur des navires de la CMN et de Corsica Ferries au départ de Marseille, Nice et Toulon. De même, 165 passagers qui devaient partir pour la Tunisie ont été déroutés vers Gênes pour embarquer. Un dispositif d’urgence qui, selon la direction, a « bien fonctionné ». Selon un employé de la SNCM, les négociations sont toujours rompues entre la direction et le Syndicat des travailleurs corses (STC). En grève depuis vendredi matin, 150 salariés affiliés à cette centrale réclament un rééquilibrage des emplois en faveur des insulaires, évoquant la récente création de 65 postes à terre à Marseille, contre 3 seulement sur l’île. Des exigences jugées trop importantes par la direction de la compagnie. « On vient tout juste de sortir d’un projet industriel, c’est-à-dire de suppression d’emplois, explique un employé marseillais non gréviste. On n’est donc pas en mesure de faire des embauches. » Faute d’accord, la situation pourrait bien se prolonger, le STC ayant appelé à une grève illimitée. Alain Mosconi, secrétaire général du syndicat, se dit prêt à discuter, « si nécessaire » avec des représentants du ministère des Transports, dont dépend la SNCM. Stéphanie Harounyan

à savoir Si le STC n’est pas majoritaire à la SNCM – il représente 25 % du personnel dans une entreprise à majorité CGT –, il l’est chez les employés à terre sur l’île et les marins corses. Or, il suffit d’un marin en grève pour bloquer un navire à quai.