Météo: Qu’est-ce que le sirocco, ce vent saharien qui souffle en Corse, en PACA, et bat des records de chaleur?

ENVIRONNEMENT Du sable du Sahara en Corse, des chaleurs étouffantes au milieu du mois de juin… On vous explique le mystérieux sirocco, ce vent chaud venu d’Afrique du Nord. Il souffle aussi sur la région PACA

Jean Saint-Marc

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Habituellement, c'est plutôt en juillet-août que le mercure dépasse les 40 degrés en Corse-du-Sud. (archives)
Habituellement, c'est plutôt en juillet-août que le mercure dépasse les 40 degrés en Corse-du-Sud. (archives) — P. Pochard-Casabianca / AFP
  • Le sirocco est un vent du sud-est qui ramène des masses d’air d’Afrique du Nord en Corse et dans toute la région PACA.
  • Les chaleurs sont étouffantes en raison d’un effet de foehn provoqué par le massif corse, effet qui réchauffe un vent déjà brûlant.

« Rappelez-moi dans quinze minutes, je suis très occupé. » Les conférences téléphoniques s’enchaînent, ce vendredi, à Météo-France, pour analyser le « coup de sirocco » qui s’est abattu sur la Corse et sur la région PACA, particulièrement dans les Bouches-du-Rhône​.

Ce vent chaud, venu du Sahara, a permis de battre un record : les thermomètres sont montés à 40,1 degrés à Ajaccio. La précédente marque, 38,5 degrés le 18 juin 2013, est atomisée.

Le sirocco, quèsaco ?

« Ce qu’on appelle un coup de sirocco, c’est un vent de sud-est qui ramène des masses d’air d’origine saharienne, explique Patrick Rebilloud, chef du centre météorologique d’Ajaccio. Nous avons un phénomène supplémentaire, qu’on appelle l’effet de foehn : quand la masse d’air traverse le massif corse, elle se compresse en redescendant… Et donc elle se réchauffe. »

Pour ceux dans le fond de la classe qui n’ont pas compris, Patrick Rebilloud dégaine une comparaison très instinctive : « Quand vous compressez l’air d’une pompe à vélo, il chauffe… C’est le même phénomène ! »

Cela explique pourquoi les températures sont tout à fait supportables à l’est de la Corse, où il fait entre 25 et 29 degrés ce vendredi. La zone « la plus foehnée », pour reprendre le jargon des prévisionnistes, est celle de l’aéroport d’Ajaccio.

Ce phénomène est-il fréquent ?

Le sirocco n’a rien d’exceptionnel, sans être aussi fréquent que le mistral à Avignon, par exemple. « A cette intensité-là, les coups de sirocco sont rares. Mais on a relativement souvent des phénomènes plus modérés, ce n’est pas un vent exceptionnel », explique Patrick Rebilloud.

C’est en l’occurrence une dépression très profonde, sur l’Atlantique, qui a fait remonter de l’air chaud de très loin en Afrique. « Et comme on approche de l’été, les températures sont déjà élevées là-bas », rappelle Patrick Rebilloud.

Va-t-on suffoquer ce week-end ?

Ce coup de sirocco, qui frappe aussi la région PACA, et notamment Marseille, va rapidement s’atténuer. « Le plus chaud est derrière nous, les températures baissent déjà, annonce Patrick Rebilloud. C’était un épisode très ponctuel, et on retourne dès ce week-end à des températures normales. »

Il fera, ce samedi, 23 degrés à Nice et à Ajaccio, 24 à Marseille. La fin de cet épisode est aussi une bonne nouvelle en termes de pollution : le sirocco ramène de nombreuses microparticules de sable, qui s’ajoutent à la pollution d’origine humaine et rendent l’air difficilement respirable. L’alerte pollution, déclenchée ce vendredi en Corse, devrait être levée ce samedi.