Municipales 2020 à Marseille: Téléphérique, gare Saint-Charles... L'opposition lance la bataille des transports

POLITIQUE Un groupe d’opposition à la métropole a formulé une série de propositions sur le transport. Comme une ébauche de programme sur un thème phare des prochaines municipales

Mathilde Ceilles

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Marseille le 24 mai 2011 - Illustration sur les bus de la RTM
Marseille le 24 mai 2011 - Illustration sur les bus de la RTM — P.MAGNIEN / 20 MINUTES
  • Des élus d’opposition à la métropole ont rédigé vingt propositions sur le thème des transports.
  • Ce livre public sur un thème clé des municipales est rendu public un an avant le scrutin.

Trente-cinq pages sur papier glacé et vingt propositions. Ce vendredi, le président du groupe métropolitain des élus socialistes républicains démocrates et apparentés Jean-David Ciot a présenté une série de mesures portées par ces 21 élus de l’opposition pour résoudre la problématique des transports à Marseille et sa métropole​. Des propositions regroupées dans un livre blanc à destination de la majorité, mais envoyées également à des représentants de la société civile avec lesquels les élus prévoient des débats.

« Nous voulons ouvrir le débat sur ce qu’il faudra faire pour le prochain mandat, peu importe qui le portera, affirme Jean-David Ciot. Sur la question du déplacement, nous devons avoir une vision décalée. » Pour rappel, selon une récente étude de l’Union des transports publics et ferroviaires, Marseille compte 1.129 kilomètres de lignes, tous modes de transports confondus. C’est deux fois moins que sa voisine lyonnaise.

Un téléphérique pour les quartiers Nord

Pour désengorger les quartiers Nord, dépourvus de transports en commun réguliers, les élus de l’opposition proposent ainsi d’instaurer… un téléphérique. « Soit on fait comme l’envisage la majorité un téléphérique qui va à Notre-Dame-de-la-Garde et on en fait un gadget à destination de la promotion touristique, tacle Jean-David Ciot. Soit on fait un téléphérique pour les quartiers enclavés, car il coûte bien moins cher que le métro ou le tramway, à raison de 20 millions le kilomètre. Si on n’imagine pas un moyen de transport alternatif au métro ou au tramway dans les quartiers enclavés, on ne fera rien ». Selon l’ancien secrétaire de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône, ce ou ces téléphériques partiraient de capitaine Gèze, dans les quartiers Nord, pour desservir le centre-ville et les quartiers sud de la ville.

Jean-David Ciot demande également à ce que soit réétudié le projet de rénovation de la gare Saint-Charles. Aujourd’hui limitée par son caractère en cul-de-sac, la gare marseillaise pourrait en effet faire l’objet d’un vaste chantier afin d’y créer une gare souterraine pour la désengorger et augmenter sa capacité. « Saint-Charles n’est pas la seule gare de Marseille, rappelle Jean-David Ciot. Pourquoi ne pas développer les autres gares, avec le report de l’activité ferroviaire à l’Est à La Blancarde et le côté Ouest à Arenc ? »

Un avant-goût des municipales

« S’ils lancent ces propositions à un an des municipales, ce n’est pas un hasard, pas pour jouer aux billes mais bien en raison de l’élection », lance Roland Blum, actuel vice-président de la métropole en charge des transports. En effet, avec le projet de fusion entre la métropole et le département, les prochains conseillers métropolitains devraient être piochés parmi les conseillers municipaux. Un livre plan en guise d’ébauche de programme sur un thème de campagne clé ? « Je ne réfute pas le caractère programmatique », répond Jean-David Ciot.

Et à Roland Blum d’ajouter : « Nous allons d’abord regarder l’opportunité de faire un téléphérique à la Bonne Mère avant de débattre de ce téléphérique. Et on n’a pas grand-chose à se reprocher, on a déjà programmé des choses, comme l’automatisation du métro à partir de 2022 pour un montant de 500 millions d’euros. » Soit après les prochaines élections municipales, fait-on remarquer. « C’est une raison suffisante pour qu’on reste à la tête de la métropole, les délais seront tenus ! » sourit l’élu. Pas de doute, la campagne pour conquérir Marseille est sur les rails.

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