Marseille: Un Central Park à la place de l'hippodrome? Le projet de campagne de l’opposition repris par la mairie

PARC La municipalité de Marseille souhaite récupérer l’hippodrome Borély afin d’étendre le parc jusqu’aux plages du Prado et la mer Méditerranée

Adrien Max

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Marseille le 14 mars 2013 - Vue de l' escale Borély , les plages et l ' hippodrome Borély
Marseille le 14 mars 2013 - Vue de l' escale Borély , les plages et l ' hippodrome Borély — P.MAGNIEN / 20 MINUTES
  • Les études pour le prolongement du parc Borély vers les plages du Prado ont été votées lors du dernier conseil municipal de Marseille.
  • Cette idée était l’un des arguments de la campagne des élections municipales de 2014 du candidat PS Patrick Mennucci.

Un projet de campagne du candidat PS en 2014 appliqué par la municipalité LR en 2019 ? La ville de Marseille souhaite récupérer le bail d’occupation de l’hippodrome Borély qui a été confié à la Société hippique de Marseille. Et ce, afin d’agrandir le parc Borély, « le parc préféré des Marseillais », dixit Yves Moraine, le maire de secteur.

« C’est ici, aussi, au bord des plages Gaston-Defferre, que nous voulons étendre le parc Borély jusqu’à la mer dès l’expiration de la convention qui lie la Ville à la société hippique gestionnaire de l’hippodrome », avait annoncé Jean-Claude Gaudin lors de ses vœux en janvier dernier.

« Un hommage du vice à la vertu »

« Un hommage du vice à la vertu », taquine Patrick Mennucci, le candidat PS qui avait fait d’un « Central Park Marseillais » l’un de ses arguments phares pour la campagne des municipales de 2014. « J’avais fait réaliser des études par des architectes pour prolonger le parc Borély sur l’hippodrome. On avait imaginé un boulodrome couvert, un parcours de fitness, trois ou quatre terrains de sport ouverts à tous. On prévoyait des passages piétons sous la route qui longe le littoral. Ce projet ne coûtait pas très cher, 10 millions d’euros tout au plus », détaille l’ancien candidat.

Yves Moraine confirme la volonté de la municipalité : « Le principe des études a été voté lors du dernier conseil municipal. » Son souhait le plus fou serait de prolonger le parc Borély jusqu’aux plages du Prado. « J’imagine enterrer la circulation entre le rond-point de David et celui de l’escale Borély, avec un accès piétons jusqu’à la mer. Cette option ne fait pas partie des études pour l’instant, mais la nouvelle réglementation sur les routes submersibles, liée au réchauffement climatique, pourrait accélérer les choses », précise-t-il.

« Ouvrir au maximum un lieu qui était réservé à quelques-uns »

Pour lui, le parc Borély « doit être sanctuarisé » : « Il n’est pas question de toucher au parc. J’ai fait inscrire dans le futur plan local d’urbanisme qu’il n’y aura aucune construction autre qu’un local technique pour des terrains de sport », assure-t-il. Comme Patrick Mennucci, il espère la construction « de terrains de boules, de terrains de volley » et serait favorable à maintenir un petit parcours de golf ».

En somme, « ouvrir au maximum un lieu qui était réservé à quelques-uns, seulement quelques jours ». D’autant plus que, selon lui, l’hippodrome de Pont de Vivaux, avec quelques aménagements, est une parfaite solution de replis pour la société de courses hippiques.

Des arguments qui font bondir Patrick Mennucci : « Quand je repense qu’à l’époque Yves Moraine faisait campagne pour dire que j’allais faire installer la population des quartiers Nord sur l’hippodrome. C’est assez étrange, mais visiblement ce n’est pas grave de mentir en politique. Cette idée est une évidence, c’est pourquoi je m’étais autant battu. » Il espère que la mairie ne dépensera pas trop d’argent pour les études « car elles ont toutes été déjà faites », prévient-il.