Paca: La concurrence des TER peut-elle rendre heureux les usagers?

TRANSPORTS Les cheminots et certaines associations d'usagers dénoncent un affichage avant tout politique, qui ne changerait pas forcément les choses au quotidien...

Caroline Delabroy

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Un TER en gare Saint-Charles à Marseille.
Un TER en gare Saint-Charles à Marseille. — Patrick Valasseris afp.com
  • Le conseil régional vote vendredi sur le nouveau projet de convention avec la SNCF sur le réseau TER.
  • Des associations d’usagers ne font pas de la mise en concurrence l’alpha et l’oméga d’une meilleure qualité de service, imputant la problématique à l’état des infrastructures.

Une nouvelle page va-t-elle s’ouvrir pour les usagers des TER Paca ? A savoir, des trains à l’heure et/ou pas annulés au dernier moment ? Ce vendredi, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur et la SNCF vont officiellement mettre fin à la crise ouverte fin 2016 avec la dénonciation tonitruante, par Renaud Muselier, de la convention pour l’exploitation du réseau TER. Après plusieurs années sans convention, un nouveau texte doit en effet être proposé au vote lors de l’assemblée plénière du conseil régional. Avec en poisson pilote, la préparation de l'ouverture à la concurrence.

La nouvelle est accueillie avec prudence par l’association d’usagers NosterPACA, qui aurait aimé être associée au projet de convention. « Nous ne sommes pas très enthousiasmés par cette idée de concurrence, avance Gilles Marcel, son président. Elle nous paraît être davantage de l’affichage politique et idéologique qu’une volonté réelle d’apporter des solutions ». Pour lui, le conseil régional aurait beau jeu de changer d’opérateur, cela ne changerait guère la qualité du service pour les usagers, ou alors à la marge. « Dans la région, la partie essentielle des difficultés est liée aux infrastructures, et celles-ci restent de la responsabilité de SNCF réseau, rappelle-t-il. Grosso modo, 60 % de la question se situe en dehors de la concurrence. » Et le projet de nouvelle ligne entre Marseille et Nice pourrait selon lui encore fausser davantage les discussions, si la région venait à lui attribuer les bons points éventuellement à venir d’une ouverture à la concurrence. « On est sur un matériel en bout de course qui va être rénové », rappelle-t-il.

« A la fin, les premières victimes, ce sont les usagers »

« La mise en concurrence, cela n’a jamais servi à améliorer le service », tranche de son côté Alain Patouillard, du mouvement national de lutte pour l’environnement. Sceptique, il a répondu ce lundi à l’invitation des cheminots, qui organisaient une rencontre avec les associations d’usagers et des partis politiques, en vue d’un rassemblement vendredi devant le conseil régional. Objectif : mettre en place un comité de vigilance ferroviaire sur la région. « On voit dans cette nouvelle convention la volonté que les usagers s’adaptent à l’offre de service de la SNCF, et non l’inverse », dénonce François Téjedor, secrétaire général de la fédération CGT des Cheminots Paca. Il cite en exemple la fermeture de guichets, la suppression d’arrêts ou alors le nouveau système qui empêcherait d’appliquer une tarification normale à bord des trains, même si l’usager n’a pu acheter de billet en gare pour cause de… guichet fermé.

« A la fin, les premières victimes, ce sont les usagers », résume Yannick Ohanessian, de l’UNSA, qui dénonce le « cheminot bashing du conseil régional ». « A Saint-Charles, on croise tous les jours des usagers au bout du rouleau car ils n’ont pas la possibilité de croiser des personnes à bord des trains ou dans certaines gares, et se retrouvent parfois dans des situations ubuesques, raconte-t-il. La ponctualité est une demande aussi des cheminots, mais c’est difficile de faire plus de qualité de service avec moins de personnes pour plus de train, cela ne marche pas ».