Marseille: La métropole présente des solutions pour désengorger les Goudes, les habitants regrettent le «tout voiture»

UN DIMANCHE AUX GOUDES La métropole a annoncé ce mardi des solutions à court terme pour désengorger l’accès aux Goudes, mais les riverains regrettent le « tout voiture »

Adrien Max

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Le port des Goudes à l'extrémité sud de Marseille.
Le port des Goudes à l'extrémité sud de Marseille. — P. Magnien / 20 Minutes
  • La métropole d’Aix-Marseille a présenté des solutions à court terme pour désengorger l’accès aux Goudes, ce petit port de pêcheurs très couru au sud de Marseille.
  • Parmi elles, le passage en deux voies d’une partie de la route menant vers la Pointe rouge avec la suppression d’une piste cyclable.
  • Beaucoup d’habitants regrettent le « tout voiture », et réclament le développement de transports en commun, ou modes de déplacement doux.

« Cela fait 50 ans qu’il y a des problèmes de circulation ». Cette habitante du quartier de la Pointe rouge, au sud de Marseille, est venue écouter attentivement Martine Vassal, la présidente de la métropole Aix-Marseille et du département, et Yves Moraine, maire du secteur.

En plus de quelques habitants, ils ont donné rendez-vous aux journalistes ce mardi au cœur du parc Pastré pour présenter des mesures d’urgences pour désengorger la route des Goudes, ce petit village de pêcheurs au bout de Marseille. Dès le retour des beaux jours, il n’est pas rare de mettre deux, voire trois heures, pour parcourir l’unique route qui relie ce coin de paradis au centre-ville.

Une solution à court terme

La mesure essentielle mise en avant par les élus concerne directement l’avenue de Montredon, sur laquelle une voie de circulation va être ajoutée avant la fin de l’été. « Les travaux ont déjà débuté et ils se finiront d’ici à deux mois. La piste cyclable en contre-sens va être supprimée pour pouvoir passer cette rue en deux voies », a expliqué Martine Vassal.

Cette décision a été motivée par une analyse technique fournie par un cabinet d’expertise. « Selon eux, l’élargissement de ce tuyau de sortie entre Pastré et la Pointe Rouge va permettre de passer d’un temps de parcours d’1h30 à 20 minutes. Cela paraît très optimiste, mais si la situation s’améliore, c’est déjà une bonne chose », considère Yves Moraine. Le parking de la Bonne brise, déjà existant, sera quant à lui aménagé pour un coût d’1.6 millions d’euros.

« Limiter le nombre de voitures »

Une solution qui fait bondir certains habitants. « Toutes les études qui ont été faites montrent qu’il faut absolument limiter le nombre de voitures. Cela ne veut pas interdire la circulation, mais la limiter, en développant les transports en commun et les modes doux. Tout le contraire de cette décision de faire une autoroute à deux voies en supprimant une piste cyclable », déplore Michel, un habitant de la madrague de Montredon.

En cycliste avertie, Martine Vassal juge ces pistes cyclables en contresens comme trop dangereuses, et ce malgré les études prouvant le contraire avancées par les habitants présents. « Il y en a une bien plus agréable juste en dessous le long de la mer », estime la présidente de la métropole.

D’autres riverains émettent des doutes quant à l’analyse du bureau d’études. « Yves Moraine nous explique qu’elle a été validée par les comités d’intérêts de quartier (CIQ). Je fais partie de celui de la Pointe Rouge et nous n’en avons jamais eu connaissance. Notre présidente l’a à peine évoquée », témoigne Elisabeth, qui a toujours vécu dans le quartier. Michel affirme quant à lui que son CIQ, celui de la madrague de Montredon, était opposé à cette solution.

« Le SAMU refuse de venir »

« Nous sommes la seule ville qui enlève des pistes cyclables, d’autant plus qu’à chaque nouvelle rénovation de rue il y a l’obligation d’en créer une. La mairie confond circulation et voiture », regrette Elisabeth. Elle espère néanmoins que la situation s’améliorera. « Imaginez-vous s’il y a un incendie, les pompiers ne peuvent pas circuler. Et le SAMU refuse tout simplement de venir les samedis et dimanche à cause des bouchons », explique-t-elle.

De l’aveu d’Yves Moraine, « il n’existe pas de solution miracle. Nous devons également développer les modes de transports doux, comme les navettes maritimes qui seront renforcées, ou la création d’un sentier du littoral qui pourrait voir le jour dès cet été ». Pour lui, cette décision permet de vérifier l’efficacité de la mesure à court terme. « Le travail d’analyse pour un plan d’ensemble est sous l’égide du Parc national des Calanques », a-t-il rappelé aux habitants.

« Sauf que ça fait depuis 2011 qu’ils réfléchissent à des solutions et que rien n’est fait. A part revenir sur d’anciennes décisions comme c’est le cas avec ce rétablissement de deux voies », regrette Christelle Just, habitante et élue EELV.