VIDEO. Marseille: Le plus long banc du monde poursuit sa mise en beauté

PLEIN LA VUE Le plus long banc du monde, sur la Corniche à Marseille, poursuit son embellissement grâce à un projet de mosaïques

Adrien Max

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Le plus long banc du monde, celui de la Corniche à Marseille, se refait une beauté grâce à Marseille mosaïque.
Le plus long banc du monde, celui de la Corniche à Marseille, se refait une beauté grâce à Marseille mosaïque. — Adrien Max / 20 Minutes
  • L’artiste Paola Cervoni poursuit son projet Marseille Mosaïque, en recouvrant le banc de la Corniche, le plus long banc du monde, de mosaïques.
  • Paola Cervoni travaille avec différents publics, des écoles jusqu’aux maisons de retraite, pour les faire participer à valoriser, et respecter le patrimoine.
  • L’artiste lance un financement participatif, qui permet d’avoir un poisson à son nom incrusté sur le banc de la Corniche.

Le plus long banc du monde est à Marseille. Non, ce n’est pas une exagération marseillaise puisque le record est bien homologué au Guiness book des records, comme le confirme l’office du tourisme à 20 Minutes. Le banc de la Corniche pourrait également bientôt devenir le plus beau banc du monde, en plus d’avoir la plus belle vue du monde. Qui n’est, elle, pas encore homologuée.

L’artiste Paola Cervoni poursuit son projet Marseille Mosaïque, afin de recouvrir une centaine de bancs qui constituent celui de la Corniche, long de près de trois kilomètres, de mosaïques. « J’avais déjà décoré 23 bancs en 2016. Là j’ai eu l’autorisation de décorer 77 nouveaux bancs pour les Jeux Olympiques de 2024 », explique Paola Cervoni. Au total, environ 1/6e de la totalité du banc sera recouvert de mosaïques.

Un travail artistique, et humain

Un travail titanesque, pour lequel Paola est bien entourée. « Je travaille en partenariat avec des écoles publiques et privées, des maisons de retraites, des instituts pour enfants atteint de troubles du comportement, ou pour des personnes handicapées, l’école de la seconde chance. Quand les personnes sont en mesure de dessiner les motifs, ils le font, sinon je m’en charge », détaille Paola.

Mer Méditerranée, football, les thèmes des mosaïques sont très variés, à l’image du public qui créé les mosaïques. « Ils me donnent un mot, ou un thème et on réalise le dessin ensemble. Ensuite ils participent à presque tout, en fonction du public. Avec les écoles, par exemple, je coupe et je polis le carrelage pour des mesures de sécurité », détaille l’artiste. Tous ensemble, ils viennent coller le filet de mosaïque sur les bancs à chaque session. La dernière a eu lieu le 9 février, la prochaine devrait se dérouler à la mi-juin.

Valoriser et respecter le patrimoine

Elle vend ses prestations à ces institutions, afin de se dégager un salaire au SMIC, et de financer le matériel nécessaire comme la colle à carrelage ou les filets sur lesquels sont posées les mosaïques. « Le chef d’une entreprise de carrelage m’a contacté parce qu’il trouvait le projet génial. Il m’a proposé de me fournir les carrelages pour les 77 bancs, ce qui est génial, c’est ça de moins à financer », se réjouit-elle.

L’objectif est de faire participer les citoyens à la construction et à l’embellissement de leur ville en les remettant au centre de l’espace urbain. « Cela permet de valoriser notre patrimoine, et surtout ça donne envie de le respecter. Les petits sont trop fiers de ce qu’ils réalisent, et d’être des artistes ».

Participation de près de 6.000 personnes

Et l’initiative plaît. Karim vient souvent se poser sur ce banc pour bouquiner. « C’est vraiment très agréable. La vue est magnifique et le banc fait penser au parc Güell », témoigne-t-il. L’inspiration de Paola vient justement du parc barcelonais.

Depuis le début de l’aventure, environ 2.500 personnes ont contribué à cet embellissement du bord de mer. Et cela devrait grimper jusqu’à près de 6.000 personnes. « J’ai lancé un financement participatif. Chaque personne qui y participera verra son nom dans un petit poisson sur la mosaïque », relate Paola. Les girelles, ces petits poissons qui servent de fil rouge au projet, n’ont pas fini de coloniser les centaines de mètres du banc de la Corniche.