Marseille: Le Cabaret Aléatoire à la pointe des soirées underground marseillaises

SOIREES ELECTRO Le Cabaret Aléatoire, une petite salle intimiste à Marseille se taille une place au soleil dans la scène des musiques éléctroniques en France

Adrien Max

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Le Cabaret Aléatoire, l'épicentre de la scène des musiques électroniques à Marseille.
Le Cabaret Aléatoire, l'épicentre de la scène des musiques électroniques à Marseille. — Joffrey Wingrove
  • Le cabaret Aléatoire, scène intimiste de toutes les musiques électroniques, cartonne en ce début d’année.
  • Fort de son expérience, du lieu et de son accueil, cette « petite » salle parvient à attirer les plus grands noms de la scène des musiques électroniques.
  • Mais le Cabaret Aléatoire n’en oublie pas pour autant les artistes locaux et les belles surprises.

Deux heures trente. Il n’aura fallu que 2h30 pour que toutes les préventes de la soirée de Richie Hawtin, le 16 mars prochain, soient écoulées. Un record historique pour le Cabaret Aléatoire, cette « petite » salle, épicentre de « toutes les  musiques éléctroniques » à Marseille. Un exemple parmi d’autres, déjà deux soirées ont fait complet depuis le début de l’année, de la belle réussite de ce lieu intimiste.

Une réussite qui tient au duo à la tête du Cabaret Aléatoire depuis les années 2002-2003, Pierre-Alain Etchegaray, le directeur, et Aurélien Deloup, le codirecteur. « On voulait ouvrir un lieu underground parce qu’il y avait un vrai manque. Jusqu’à 2013 et l’année de Marseille capitale de la culture, on s’est progressivement ouvert à d’autres genres que la musique électronique, comme le hip-hop, avant de revenir définitivement à notre premier amour en 2014 », rembobine Aurélien.

Retour aux sources

Le pari est largement réussi, notamment grâce à la magie du lieu. « C’est un site chargé en histoire, avec une vraie identité, au milieu d’une fiche industrielle, là où avaient lieu les premières raves », cadre Pierre-Alain. Si la particularité du lieu offre une vraie plus value, tout n’a pas été simple. « On n’est pas dans une configuration club, avec une salle carrée. Il y a des alcôves, beaucoup de hauteur sous les plafonds, la sonorité de la salle n’est pas évidente. La scénographie et l’acoustique du lieu ne se sont pas faites en un claquement de doigts. Niveau acoustique, on s’est entouré de Christophe Dupin qui a travaillé pour les Eurockéennes, ou avec Jean-Michel Jarre pour ses concerts dans le désert », détaille Aurélien.

Hauteur sous plafonds, alcôve, friche industrielle, sont autant d'atouts qui donnent un véritable cachet au Cabaret Aléatoire.
Hauteur sous plafonds, alcôve, friche industrielle, sont autant d'atouts qui donnent un véritable cachet au Cabaret Aléatoire. - Joffrey Wingrove

Un lieu confidentiel, haut en couleur, avec une belle acoustique... Autant d’ingrédients qui permettent au Cabaret Aléatoire de se démarquer. De quoi attirer des pointures de la scène électronique internationale qui remplissent habituellement des festivals ou les plus gros clubs du monde. Quand la capacité du Cabaret Aléatoire, la seule salle de musique électronique de France labélisée « scène de musique actuelle » culmine à un millier de visiteurs.

Un concept de soirée qui est en train de se faire un nom : One, avec la venue d’artistes comme Adam Beyer, et prochainement Richie Hawtin ou le duo Pan-Pot. « L’idée est d’inviter un artiste plutôt rare, qu’on n’a pas l’habitude de voir dans ce genre de salle. On ne le convainc par l’argent, mais grâce à notre identité, la crédibilité du lieu, l’histoire qu’il raconte. Sans oublier le réseau qu’on a pu tisser et notre qualité d’accueil », explique Pierre-Alain. Une sorte de retour aux sources du mouvement, pour les artistes, comme pour les spectateurs.

Un jeu de lumière minimaliste, mais recherché, comme dans les clubs à l'ancienne.
Un jeu de lumière minimaliste, mais recherché, comme dans les clubs à l'ancienne. - Joffrey Wingrove

Une autre forme de rareté

Mais le Cabaret Aléatoire n’oublie pas pour autant les plus « petits » noms, avec un rendez-vous consacré, le Club Cabaret qui entame sa cinquième saison. « On travaille beaucoup avec les collectifs locaux pour les promouvoir et assurer un suivi local. Tout en invitant des artistes émergents, qu’on n’a pas l’habitude de voir. C’est une autre forme de rareté, très accessible niveau tarifaire », précise Aurélien.

Fort de cette réussite, le duo travaille sans cesse sur de nouveaux concepts, comme celui d’associer plusieurs artistes d’horizons différents. « Toujours dans le but de créer une petite exclusivité, mais surtout d’avoir une colonne vertébrale dans la programmation et de raconter une histoire au public », détaille Pierre Alain. Autre nouveau rendez-vous, des soirées spéciales disco, Disco Affair, en partenariat avec le DJ Breakbot. « Il adore le lieu, on a réfléchi ensemble à un rendez-vous autour de la disco où on lui donne carte blanche avec un invité », explique Aurélien. Premier groove prévu dès ce samedi soir.