Paca: Comment la SNCF compte faire arriver ses trains à l'heure

TRANSPORT La région Provence-Alpes Côte d’Azur est l’une des régions où les trains accusent le plus de retards…

Mathilde Ceilles

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Un train TER en gare de Marseille.
Un train TER en gare de Marseille. — PATRICK VALASSERIS
  • Les trains de la région Provence-Alpes Côte d’Azur sont les moins ponctuels de France.
  • La SNCF lance une série de mesures pour y remédier
  • C’est en effet un de ses engagements auprès de la région, qui prévoit de lourdes sanctions financières le cas échéant.

C’est l’un des points clés du nouvel accord entre la SNCF et la région Provence-Alpes Côte d’Azur. Dans ce nouveau contrat, qui court de 2019 et 2023, la SNCF s’engage à réduire considérablement les retards de ses TER et le nombre de trains supprimés, sous peine de lourdes sanctions pouvant atteindre les quatre millions d’euros.

Il faut dire que, de l’aveu de la SNCF elle-même, la situation est loin d’être satisfaisante dans la région. En 2018, 18 % de l’ensemble des trains n’était pas à l’heure. Dans certaines zones, comme entre Miramas et Marseille, c’est même trois trains sur dix qui sont en retard. Certes, depuis trois ans, selon les statistiques de la région, le nombre de trains à l’heure est en hausse. Mais on est encore loin de l’objectif fixé par la région, qui demande que 9 trains sur 10 arrivent à l’horaire annoncé d’ici 2020 « C’est la région qui a encore le taux de régularité le moins élevé », reconnaît Jean-Aimé Mougenot, directeur régional Paca chez SNCF Mobilités.

Eviter l’effet « boule de neige »

Pour changer la donne, la SNCF affirme avoir lancé plusieurs chantiers visant à instaurer un maximum de ponctualité sur le réseau. A commencer par une refonte complète de certaines grilles horaires, afin de mieux rationaliser l’utilisation des voies. Plusieurs voies différentes relient en effet certaines villes. L’idée est donc d’utiliser ces différentes voies au mieux, en faisant en sorte qu’elles soient toutes empruntées, et non que les trains soient dirigés vers les mêmes voies au même moment.

« Nous avons revu les horaires de train par rapport aux voies, précise Jean-Aimé Mougenot. En effet, un problème d’exploitation sur une voie entraîne des retards sur toutes les lignes derrière. Le réseau est plus difficile à exploiter quand il est plus dense. Plus vous avez de train, plus un retard de deux à trois minutes peut avoir un effet boule de neige sur l’ensemble du trafic. » Une refonte qui demande toutefois du temps. « Pour refaire la grille horaire entre Miramas et Marseille, il nous a fallu trois ans ! », affirme Jean-Aimé Mougenot.

Partir « à la seconde près »

La SNCF compte également sur le travail de ces agents pour atteindre son objectif de ponctualité. « Il faut que les trains partent vraiment à l’heure, à la seconde près, estime Jean-Aimé Mougenot. Trente secondes de retard peuvent créer des conflits de circulation. » Un protocole a donc été fourni aux salariés de la SNCF afin qu’ils sachent à quel moment exactement ils doivent commencer leur travail avant le démarrage du train.

Restent à régler les incendies et autres chutes de pierres sur les voies qui peuvent paralyser le trafic. « Il y a deux fois plus d’événements extérieurs sur notre région qu’ailleurs, affirme Jean-Aimé Mougenot. Notre travail consiste à mettre en place différents scénarios de rétablissement du trafic, en fonction de différentes situations données, afin que le trafic se rétablisse plus vite. »

Des annonces accueillies avec prudence par Gilles Marcel, président de l’association d’usagers NosTerPaca. « Avec les années, nous constatons que le nombre de trains diminue, affirme-t-il. Il faut donc espérer qu’ils arrivent à être ponctuels avec un nombre de trains réduits. Et les usagers constatent également le fait que les temps de trajets sont augmentés de plusieurs minutes, afin de prendre en compte d’éventuels retards. Donc soit on en fait moins, soit on fait plus long… » L’année dernière, près de 560 TER ont circulé chaque jour sur le réseau de la région Paca.

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