Comment j'ai approché Danièle grâce aux boules

Sébastien Carayol - ©2008 20 minutes

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La scène est d'un érotisme caniculaire. J'ai attendu toute ma vie pour ce moment. « Prête-moi ton dos », m'enjoint Danièle Gilbert. Devant tout ce monde, en plein parc Borély ? Je m'exécute. Elle griffonne son autographe sur mon omoplate, le fait précéder de « Gros bisous », confirmant définitivement qu'entre nous, c'est du sérieux. C'est fait. J'ai rencontré mon idole. Peut-être le plus difficile de mes défis de cet été, vu la cohue. Mais je m'étais longtemps préparé, je savais qu'elle fréquentait assidûment le Mondial La Marseillaise à la Pétanque, qui dure jusqu'à jeudi. Universalité du sport boules, son Tournoi des artistes réunissait hier des triplettes de pipoles hétéroclites, parfois surréalistes. Où, ailleurs, Lord Kossity ferait-il équipe avec Patrick Guillemin, héros des Vécés étaient fermés de l'intérieur ? Sous mes yeux éblouis défileront aussi, entre autres, Jean-Luc Reichman - qui « n'hésite jamais à exhiber ses boules », plaisante Marcel Philippot en s'incrustant sur sa photo -, Jean-Jacques Debout, Popeck, Patrick Bouchitey, Marie-Laure Augry, Claude Brasseur, Diana de L'île de la Tentation... Mais moi, je suis venu pour Danièle. Qui s'éloigne tout sourire sacoche en main dans la poussière, estimant « pas terribles » ses performances passées au Mondial. Déjà groggy par l'émotion, une boule perdue manque de m'achever. Pas grave. Depuis hier, j'ai vécu ma vie à 100 %.