Marseille

La réinsertion se refait une beauté

La table de soin est installée sur un bureau, dans une salle du centre d'animation La Maurelle (14e). Allongée sur le matelas, Jocelyne savoure sa séance d'épilation-massage. « Elles m'ont fait toute neuve, je peux aller me remarier ! », rit-elle. Ch...

La table de soin est installée sur un bureau, dans une salle du centre d'animation La Maurelle (14e). Allongée sur le matelas, Jocelyne savoure sa séance d'épilation-massage. « Elles m'ont fait toute neuve, je peux aller me remarier ! », rit-elle. Chaque semaine, cette habituée met sa beauté entre les mains de Sophie, Karima et Anne-Marie, les trois esthéticiennes d'Hygia. Lancée en 2005, l'association se propose de faciliter l'insertion socioprofessionnelle de personnes en difficulté par la beauté et l'éducation à la santé. Une idée qui leur a valu, ce week-end, de décrocher l'un des prix nationaux « S'unir pour agir » de la Fondation de France.

« Les femmes qui viennent nous voir sont souvent seules avec les enfants, au chômage. Elles sont parfois un peu perdues, raconte Sophie. Au fil des séances, elles se livrent et laissent leur rôle de maman pour retrouver celui de femme. Et elles ont de nouveau envie d'aller vers les autres. » Les soins sont réalisés moyennant petites finances - entre 4 euros et 15 euros. L'équipe propose aussi des ateliers où elle dévoile des « trucs » de beauté à faire chez soi : « Ce sont des choses simples, comme un gommage avec du marc de café ou un masque pour les pieds avec de la crème fraîche, explique Karima. Le but là encore, c'est de les rendre autonomes. On est le seul institut à vouloir avoir de moins en moins de clientes ! » Outre ses interventions dans les structures sociales, Hygia se déplace aussi dans les hôpitaux avant, très prochainement, les prisons. Ainsi, un atelier de conseil en image devrait être mis en place prochainement pour les détenus des Baumettes. Autre projet bien avancé, l'ouverture d'un véritable institut de beauté solidaire, avec en plus des soins esthétiques, un coiffeur et une styliste, sans oublier un volet santé. « On espère l'ouvrir en septembre, explique Karima. La mairie des 13e et 14e nous a déjà trouvé le local, et la Fondation de France nous aide aussi beaucoup. Mais si on veut pérenniser nos postes de travail, nous avons besoin d'une intervention plus importante des collectivités locales. »