VIDEO. Immeubles effondrés à Marseille: En pleine «tempête», Jean-Claude Gaudin «ne regrette rien»

POLITIQUE Le maire de Marseille Jean-Claude Gaudin a donné une conférence de presse sur le drame de la rue d’Aubagne après plusieurs jours de silence…

Mathilde Ceilles

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Jean-Claude Gaudin et Arlette Fructus lors d'une conférence de presse
Jean-Claude Gaudin et Arlette Fructus lors d'une conférence de presse — Gérard Julien / AFP
  • Jean-Claude Gaudin était aux abonnés absents depuis le drame de la rue d’Aubagne.
  • Il a pris la parole ce jeudi lors d’une conférence de presse.

Le maire de Marseille était aux abonnés absents. Voilà quatre jours que Jean-Claude Gaudin ne s’était pas exprimé sur l'effondrement de trois immeubles rue d'Aubagne, où plusieurs personnes ont péri sous les décombres. Or, quatre jours après le drame, tous les regards sont désormais tournés vers la mairie.

Et si le drame de la rue d'Aubagne était la conséquence de défaillances de la municipalité ? L’hypothèse est avancée par plusieurs habitants de Noailles, non sans colère.

Ce jeudi, devant la presse, Jean-Claude Gaudin a enfin pris la parole, entouré d’une demi-douzaine d’élus. Une conférence de presse durant laquelle de nombreuses questions ont été soulevées, sans que l’on ait toutefois toujours les réponses.

« Regardez la photo sur Google »

Au lendemain de la conférence de presse du procureur de la République sur l’enquête ouverte, la mairie est au centre des attentions. En effet, l’un des immeubles aujourd’hui effondrés, le 63, appartenait depuis 2017 à Marseille Habitat, l’organisme HLM de la ville, après dix ans de procédure. La ville avait pris un arrêté de péril grave et imminent sur cet immeuble le 23 septembre 2005, arrêté qu’elle avait levé le 23 juin 2006 « après mise en sécurité ». Quels travaux ont été faits exactement dans ce but ? Interrogée, l’adjointe au logement Arlette Fructus ne répond pas.

Or, plusieurs témoignages sur place font état d’un immeuble n°63 dénué de toit au moment des faits. Dans un premier communiqué, quelques heures après le drame, la mairie a d’ailleurs évoqué la pluie, abondante ces derniers jours à Marseille, comme une cause possible de l’effondrement. Face aux journalistes, Arlette Fructus sort de sa pochette en carton… une capture d’écran Google Street de cet immeuble qui lui appartient en tant que présidente de l’office HLM. « Regardez la photo sur Google, il y a bien un toit là ! » « Quand cette photo a-t-elle été prise ? », lui demande-t-on. « Regardez sur Google », redit-elle avant de quitter la conférence de presse.

Quant au 65, le doute subsiste sur les travaux qui devaient être réalisés rapidement, dans le cadre d’un arrêté de péril imminent de la mairie. Le procureur de la République de Marseille a indiqué que l’on ignorait à ce stade de l’enquête si l’ensemble des travaux préconisés par l’expert avait été réalisé. « L’étaiement préconisé au rez-de-chaussée par l’expert a-t-il été effectué comme prévu au 65 rue d’Aubagne ? », demande un confrère. « Il est plus sage de laisser l’enquête se poursuivre », répond Arlette Fructus.

« Je ne regrette rien »

Jean-Claude Gaudin a été interrogé sur ses choix politiques. Plusieurs sources indiquent en effet ces derniers jours que certains quartiers de Marseille sont volontairement laissés à l’abandon par la municipalité, qui préfère investir dans d’autres projets. Une consœur fait remarquer au maire que la municipalité a investi 56 millions d’euros récemment dans la construction d’une patinoire et lui demande s’il regrette certaines décisions politiques prises dans le passé.

« Je ne regrette rien, affirme-t-il. On ne peut pas comparer. La patinoire a été payée entièrement par la Ville de Marseille et c’est un succès. » Et d’ajouter un peu plus tard : « La colère, je la comprends, dans ce gendre de drame, on s’attaque naturellement au maire. »

Face à cette colère, le maire met en avant son bilan. « Depuis plus de 20 ans, nous sommes porteurs avec mon équipe d’une ambition et d’une exigence fortes pour la rénovation de l’habitat ancien et indigne » à Marseille, martèle Jean-Claude Gaudin.

« Vous croyez que le capitaine démissionne quand il y a une tempête ? »

Interrogé sur la responsabilité de la mairie dans ce drame qui justifierait une démission, Jean-Claude Gaudin a balayé l’hypothèse d’un revers de main. « Démissionner ? Vous croyez que le capitaine démissionne quand il y a une tempête ? », a-t-il lancé. Le maire de Marseille a estimé que « l’heure n’est pas aux polémiques et à l’expression d’intérêts particuliers ».

A la même question, son adjointe au logement Arlette Fructus abonde : « Ce n’est pas dans la difficulté qu’on baisse les bras, surtout quand on a fait le job et quand on a eu des avancées. Il y a une enquête, rien ne dit qu’il y a une défaillance de la ville », se défend la maire du 1er et 7e arrondissement, Sabine Bernasconi. Cette dernière reconnaît toutefois que, en matière d’habitat indigne, « il y a une responsabilité collective, de l’Etat et des communes. »

« Bien sûr que nous prendrons en charge les obsèques »

Le maire de Marseille a souhaité, au cours de la conférence de presse, « rendre hommage », aux personnes décédées et disparues rue d’Aubagne. « Je m’incline sur la douleur des proches et des amis, des femmes et des hommes disparus dans ce drame qui émeut tous les Marseillais. Car si c’est une rue ancienne de notre ville qui est dévastée, c’est Marseille tout entière qui porte aujourd’hui le deuil ».

Et d’ajouter devant quelques journalistes : « Bien sûr que nous prendrons en charge les obsèques » des personnes décédées dans l’effondrement de ces trois immeubles. 

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