L'Entente l'emporte dans la discorde

Stéphanie Harounyan - ©2008 20 minutes

— 

La participation n'a pas dépassée les 48 % hier pour les élections du conseil régional du culte musulman (CRCM) de Paca. Loin des 94 % de votants de 2005, le scrutin fait les frais du désistement, au niveau national, de la fédération de la Grande mosquée de Paris (GMP, proche de l'Algérie), qui s'estimait sous-représentée parmi les votants (lire encadré). Une situation déplorée par toutes les parties, à commencer par l'Entente, la liste arrivée en tête du scrutin hier en Paca avec 66 % des voix face à la liste de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF). « On peut régler les problèmes de représentativité, mais de l'intérieur », souligne Mohammed Moussaoui, tête de liste locale de l'Entente. Mais il fallait maintenir le scrutin, c'est la crédibilité du CFCM qui était en jeu. »

Le futur président n'en aura pas moins un problème de légitimité à régler. « Entre les Algériens et les Comoriens de Marseille [tendance GMP], c'est près de 170 000 personnes qui ne seront pas représentées », note Abderramane Ghoul (GMP), président sortant du CRCM, qui regrette lui aussi le boycott imposé par Paris. « Nous avions réussi à faire l'union et notre bilan est positif, en particulier concernant la grande mosquée, assure-t-il. On a aussi beaucoup travaillé le dialogue interreligieux et surtout, on a fait du CRCM l'interlocuteur privilégié des institutions. J'espère tout de même que l'union se fera. » Première solution proposée par Mohammed Moussaoui : procéder par cooptation pour associer tout le monde aux discussions. Un groupe de travail sur le mode de scrutin devrait aussi être créé au niveau national.