VIDEO. Marseille: Des drones pour visiter le Vieux-Port depuis son transat

INNOVATION Cette attraction touristique, qui propose de voler comme un oiseau grâce aux images retransmises en direct par un drone, est inédite…

Caroline Delabroy

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Le Marseille Drone Tour à Marseille, une expérience de visite insolite
Le Marseille Drone Tour à Marseille, une expérience de visite insolite — Gérard Julien/AFP
  • L’office de tourisme de Marseille propose jusqu’à Noël des visites du Vieux-Port par drone, au départ du Mucem.
  • Six personnes peuvent prendre place sur des transats, et participer au vol d’une dizaine de minutes.
  • Cette expérience inédite pourrait être prolongée cet été, si le succès est au rendez-vous.

Un dernier contrôle radio, et c’est parti pour dix minutes de vol autour du Vieux-Port de Marseille. Le décollage a lieu au bout de l’esplanade du J4, face au Mucem. Sauf que le pilote est debout à nos côtés, et nous confortablement assis sur des transats, casques de vision rivés sur la tête. Si le procédé ressemble à de la réalité virtuelle, c’est tout l’inverse : sous nos yeux défilent, en direct, les images bien réelles prises par la caméra embarquée sur le  drone.

Proposé depuis samedi par l’office de tourisme de Marseille, en partenariat avec la société Humans and Drones, ce Marseille Drone Tour se veut une expérience de vol immersif inédite. « La seule alternative si vous voulez avoir ce type d’expérience, c’est l’hélicoptère, mais ce n’est pas le même tarif, ni le même impact environnemental, notre visite est une activité verte », sourit Jean-Gabriel Yung, pilote de drone à l’origine de ce concept novateur - l’attraction touristique serait une première en France.

Carte postale vue du ciel

Il n’hésite pas à s’adapter aux demandes des six participants, dans la mesure du possible. Quand la navette du Frioul passe, ou qu’un ferry quitte le port, le drone doit prendre ses distances, et nous avec, pour ne pas créer d’interférences radio. Le vol se fait à 90 mètres d’altitude, et découvre des vues sur le Mucem, la skyline de Marseille, la rade du Vieux-Port (sans y entrer à proprement parler, périmètre de sécurité oblige), le palais et l’anse du Pharo, sans oublier la carte postale d’ensemble sur la cité phocéenne, avec vue sur la Bonne Mère et les collines en arrière-plan. Pour terminer, Jean-Gabriel Yung s’amuse à raser l’eau à grande vitesse, comme le ferait un oiseau marin.

Il faut quelques instants pour retrouver ses esprits, ne serait-ce que parce que le casque est assez lourd (un conseil : bien laisser reposer la tête sur le transat), et le retour à la lumière naturelle saisissant. Le sentiment général ? Une sensation de voyage dans les airs bien rendue (on a souvent envie de tourner soi-même la tête, comme si on était aux commandes), de belles vues à garder en mémoire et une expérience à raconter. Reste qu’on voudrait parfois aller plus loin, même si le pilote zoome sur un détail d’architecture, ou un bateau en train d’amarrer les voiles au large. Côté matériel, le potentiel est là (les drones peuvent aller en théorie jusqu’à 5 000 mètres d’altitude et 7 km de distance…). Côté administratif, c’est plus compliqué.

Des autorisations jusqu’à décembre

« Nous avons les autorisations temporaires jusqu’à Noël, nous ajusterons le tir ensuite, explique Maxime Tissot, le directeur de l’office de tourisme. Il faut que le produit trouve sa place, mais je ne suis pas inquiet. Le tarif (10 euros) est abordable, c’est court, innovant et le site est situé sur le parcours de visite historique de la ville. » Il imagine déjà pour les beaux jours une base fixe au Mucem et des points éphémères en ville, notamment sur les plages du Prado.

De son côté, Jean-Gabriel Yung, président de Humans and Drones, aimerait proposer des sessions pour admirer les illuminations de Noël - un créneau existe, le début de la nuit aéronautique (l’heure à laquelle le drone n’est plus autorisé à voler) commence 30 minutes après le coucher du soleil. En 2019, il espère aussi être présent dans plusieurs sites de la région Paca. L’île des Embiez, dans le Var, pourrait être de ceux-là.

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