Marché de la Plaine à Marseille: Solution trouvée pour les forains, mais ils contestent la méthode employée

RENOVATION Une solution a été trouvée entre la mairie et les forains : ils seront répartis sur deux marchés le temps des travaux de la Plaine…

Adrien Max

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Le marché de la Plaine à Marseille, avant le début de la rénovation de la place.
Le marché de la Plaine à Marseille, avant le début de la rénovation de la place. — Adrien Max / 20 Minutes
  • Durant la durée des travaux de rénovation de la Plaine à Marseille, les forains seront répartis sur les marchés de la Joliette et du Prado.
  • Ils se disent ravis de cette solution, ils voulaient éviter à tout prix d’être divisés et répartis dans une multitude de marchés.
  • Ils contestent néanmoins la méthode appliquée par la mairie, qui aurait cherché à les diviser.

« Tout à trois euros, on liquide », « Ah ça, il en faut de la patience, ça change tous les jours ». En tendant l’oreille ce mardi matin, les discussions sur la Plaine tournent autour du sort du marché. Marie-Louise Lotta, adjointe (LR) aux emplacements publics, avait pourtant lâché que « le marché de la Plaine, c’est fini », comme le rapporte Marsactu, à la sortie du conseil municipal de la ville de Marseille.

Mais les forains étaient bien là en ce mardi matin, et en nombre, même si quelques emplacements restaient vides. « On est allés à Sébastopol, mais il n’y avait personne. Du coup, on est venus faire un tour à la Plaine et on a vu que des forains avaient déballé donc on s’est installés ici. Ça change tous les jours », racontent Georges et sa femme, sur ce marché depuis 45 ans.

Répartition sur deux marchés

Ça ne devrait bientôt plus changer puisqu’une solution a été trouvée un peu plus tard dans l’après-midi entre la mairie et les forains. « On a fait confiance à la mairie et il a été décidé qu’une moitié du marché ira à la Joliette, et l’autre sur le Prado. Nous sommes ravis d’avoir trouvé une solution, même si nous aurions préféré être tous sur le même marché », explique Stéphan*, délégué syndical.

Jeudi sera donc le dernier marché de la Plaine avant le début des travaux, les forains ont obtenu ce délai afin de préparer le déménagement vers les deux autres. Face à leur gronde, et au blocage de Marseille, les travaux avaient été repoussés plusieurs fois déjà.

Nous ne voulions pas être divisés dans une multitude de marchés comme l’avait proposé la mairie. Là, ces deux gros pôles de marché sont convenables. A nous de faire notre boulot de forains désormais », précise Stéphan dont la famille est présente sur le marché de la Plaine depuis trois générations.

Lundi en conseil municipal, Jean-Claude Gaudin considérait pourtant avoir fait le maximum : « On a essayé de caser le maximum de ces forains, de faire un geste sur les dépenses que pouvaient entraîner ces difficultés. Nous avons retardé le chantier afin de considérer les demandes qui avaient été faites. Moi je considère que nous avons fait le maximum de ce que nous pouvions faire. » Visiblement, un petit effort était encore possible.

« Ils veulent nous diviser »

Sur la place, forains comme clients s’accordent sur la nécessité de rénover l’endroit. Mais la méthode est largement contestée.

Madame Lotta est une personnalité très clivante. Elle cherche à racialiser cette histoire en opposant les différents forains pour faire de la Plaine un quartier touristique et un marché provençal, qui n’est rien d’autre qu’un mythe. Elle ne veut plus de la population qui est la clientèle qu’on ramène », considère Dolapo, sur le marché depuis 1998.

Stéphan partage cet avis. « Nous sommes forains avant d’être de telle ou telle communauté. On travaille tous les jours ensemble, mais ils veulent nous diviser, mettre une mauvaise ambiance. Jusqu’au point où on se dispute et c’est ce qui arrive, je viens de perdre une amitié », regrette-t-il.

Reste désormais à convaincre le reste des opposants aux travaux. Gérard Chenoz, président de la Soléam, l’organisme en charge des travaux, n’est pas inquiet. « Je ne crains rien et je ne conseille à personne d’enfreindre la loi. 99 % de la population souhaite ces travaux », avance-t-il. Ils devraient débuter « sous peu ».

* Le prénom a été changé.