Marseille: La RTM met en place des opérations coup de poing contre la fraude

TRANSPORT Depuis une dizaine d’années, la RTM doit faire face à un phénomène de fraude. Cette semaine, des contrôles renforcés et ciblés vont être effectués…

Mathilde Ceilles

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Marseille le 24 mai 2011 - Illustration sur les bus de la RTM
Marseille le 24 mai 2011 - Illustration sur les bus de la RTM — P.MAGNIEN / 20 MINUTES
  • La RTM fait face depuis des années à un phénomène de fraude.
  • Elle met en place cette semaine des opérations coup de poing.
  • La méthode divise les usagers.

« Quasiment un record national. Le taux de fraude dans les transports en commun phocéen atteint les 20 %, contre 2 % à Nîmes par exemple ». « La RTM hausse le ton contre la fraude ». Ces deux phrases ont été écrites dans 20 Minutes, respectivement… en 2012 et 2009. Voilà dix ans que les transports en commun marseillais disent vouloir éradiquer ce phénomène, sans pour autant parvenir pour l’heure à l’endiguer vraiment.

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D’après les derniers chiffres communiqués par la RTM, ce taux de fraude dit dure s’élève à 23,5 % des voyages, avec une hausse constante année après année. Récemment, la métropole a donc tapé du poing sur la table. « A Marseille, il y a trop de fraudeurs, ce qui constitue autant de recettes en moins, martèle Jean-Pierre Serrus, adjoint à la métropole en charge des transports. Nous avons commandé à la RTM d’agir contre la fraude, car cela donne aussi un sentiment que le service rendu n’est pas suffisant. »

Opérations coup de poing

À défaut de recruter davantage de contrôleurs, dont le nombre planche à 170 depuis des années, la RTM a donc décidé d’employer les grands moyens. Ainsi, cette semaine est organisée une sorte d’opération coup de poing, ciblée sur trois stations trois quartiers plutôt populaires de Marseille que sont Noailles, la Rose et Réformés Canebière.

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« Pendant une semaine, sur des lieux ciblés, nos équipes patrouillent en nombre conséquent, après une semaine où des gilets rouges ont fait de la sensibilisation », explique Pierre Durand, directeur général adjoint en charge de l’exploitation de la RTM

« Pas assez de contrôle »

Une méthode jugée encore inefficace par certains usagers. Interrogés par 20 Minutes, certains aimeraient des contrôles renforcés et plus fréquent à l’image de Ptitou, un de nos internautes. « ll n’y a pas assez de contrôle, s’agace-t-il. Il en faudrait dans toutes les stations en même temps et tous les jours ! Quand on voit les contrôleurs dans la rame de métro, ils sont 5 dans le wagon et ne contrôlent rien : ça sert à rien ! »

En ciblant ces points de contrôle, dans le temps et dans l’espace, quid en effet des fraudeurs avisés qui s’arrêteraient à telle ou telle station, sachant qu’elle ne fait pas l’objet d’une surveillance renforcée pendant une semaine ? « Certes, concède Pierre Durand, mais en termes de visibilité, on touche un volume de population énorme, dont des fraudeurs durs et des fraudeurs par opportunisme. Ces derniers vont se dire qu’ils doivent arrêter, puisqu’ils nous voient tous les jours. » Suite à la précédente expérimentation menée en octobre dernier, la RTM aurait enregistré une hausse importante de ces ventes selon Pierre Durand.

Le bus, le problème

Autre hic : cette méthode ne résout pas, a priori, le gros du dossier que représente la fraude dans les bus marseillais. En effet, près de 30 % des trajets effectués en bus seraient fraudés selon les statistiques de la RTM. Un point que relèvent certains internautes interrogés par 20 Minutes. « Je trouve qu’il y a plus de contrôle dans les gares d’échanges et d’opérations coups de poing [avec la présence de la police] mais dans les bus, c’est insuffisant », estime ainsi Sébastien.

« Il faudrait que les contrôles soient renforcés sur l’ensemble des transports marseillais », renchérit Anthony. « Il y a à Marseille un réseau très vaste, avec 2.400 arrêts de bus, répond Pierre Durand. Il n’est pas possible physiquement de contrôler tout le monde. »