VIDEO. Aix-en-Provence: Une navette autonome va être expérimentée

TRANSPORTS La métropole et The Camp planchent actuellement sur un projet de navette sans chauffeur entre la gare TGV et l'Arbois... 

Mathilde Ceilles

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Une navette autonome en 2015
Une navette autonome en 2015 — JEAN-PIERRE MULLER / AFP
  • Une navette autonome va être expérimentée.
  • Elle relierait la gare TGV à l'Arbois.

Grande première dans les Bouches-du-Rhône. Ce jeudi, les élus de la métropole d'Aix-Marseille sont amenés à voter une expérimentation inédite : celle d’une navette autonome à Aix-en-Provence.

Porté par The Camp et la métropole, ce projet, baptisé « Demoiselle » consiste en une navette sans chauffeur qui pourrait transporter une dizaine de personnes dans un même véhicule électrique. D’une longueur de 7,5 kilomètres, son parcours sera toujours le même, depuis la gare TGV d'Aix-en-Provence jusqu’à l’Arbois, une zone d’activités abritant de nombreuses entreprises innovantes, et notamment The Camp. Il pourrait comprendre plusieurs arrêts, comme l’école nationale supérieure des sous-officiers, qui se situe dans ce secteur.

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Un chemin spécifique

Entre ces deux zones, la navette empruntera « un chemin spécifique, qui est aujourd’hui un chemin de défense d’incendie », précise Jean-Pierre Serrus, vice-président de la métropole en charge des transports. De quoi limiter les risques d’accident, comme celui survenu il y a peu aux Etats-Unis avec un véhicule autonome.

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L’utilisateur pourrait réserver sa navette à distance, par exemple par le biais d’un smartphone. « Nous visons plutôt une clientèle d’affaires dans un premier temps, des utilisateurs qui viendraient depuis la gare visiter une entreprise ou autre dans la zone d’activité », précise Jean-Pierre Serrus.

Des contraintes légales

D’une valeur de 1,45 millions d’euros, dont 500.000 apportés par l’Etat, ce projet reste toutefois pour l’heure à l’état d’étude, et les possibilités avancées sont aujourd’hui des hypothèses de travail. Les ingénieurs listent notamment les contraintes pour mieux les parer.

« Nous faisons ça face à de grosses problématiques du point de vue réglementaire, précise Nadia Trainar, coordinatrice du projet Demoiselle. Il y a déjà des paramètres environnementaux, puisque la navette traverse un site classé, ce qui engendre des contraintes en matière de travaux. D’autre part, la mise en circulation d’un véhicule autonome en France est interdite comme telle par la loi. Il faut faire l’objet d’une dérogation. »

Plusieurs technologies

Dans la multitude de véhicules autonomes existant, les porteurs du projet cherchent également à déterminer quelle technologie est la plus adaptée au site, qui comprend notamment un chemin forestier et pentu. « Nous ne souhaiterions pas forcément mettre en service une navette avec accompagnateur, comme à Lyon, explique Nadia Trainar. Il y a aussi, par exemple le téléguidage, ou la possibilité d’accrocher plusieurs véhicules qui se suivent, physiquement ou virtuellement. »

Et d’envisager : « Pourquoi pas fonctionner par étapes par exemple ? Commencer par des navettes qui se suivent, puis les détacher en fonction des destinations et de leurs contraintes ? On étudie les différents scénarios. » Des tests vont être régulièrement réalisés et la métropole espère aboutir à un résultat final d’expérimentation en 2020.