Marseille: La «sulfateuse à PV» est-elle fiable?

STATIONNEMENT A Marseille, la ScanCar a connu un bug informatique, alors que ce type de contrôle reste controversée... 

Mathilde Ceilles

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Marseille le 10 janvier 2013 - La mairie a mis en place un système de videoverbalisation qui vise à mettre fin au stationnement anarchique
Marseille le 10 janvier 2013 - La mairie a mis en place un système de videoverbalisation qui vise à mettre fin au stationnement anarchique — P.MAGNIEN / 20 MINUTES
  • En circulation dans la cité phocéenne depuis janvier dernier, ces voitures radar ont à bord un système de caméras capable de lire de nombreuses plaques.
  • « Environ 300 personnes entre le 1er et le 13 février ont été verbalisées à tort, selon la mairie. Le problème a été identifié le 7 février et résolu le 13 février. »
  • Elle est aussi utilisée dans d'autres villes comme Saint Denis (93), mais pour aider les agents et non pour verbaliser directement.

« Il y a eu un couac, je le reconnais, et je m’en excuse auprès de tous ceux qui l’ont subi ». Sur le bureau de Jean-Luc Ricca, conseiller municipal délégué à la circulation et au stationnement, trônent quelques lettres de Marseillais mécontents. Et pour cause : ces derniers ont été verbalisés à tort par la ScanCar, appelé aussi par les Marseillais «sulfateuse à PV», comme le révélait La Provence le week-end dernier.

>> A lire aussi : Marseille: Trois «sulfateuses à PV» pour contrôler le stationnement, mais l’amende n’augmente pas

En circulation dans la cité phocéenne depuis janvier dernier, ces voitures radar ont à bord un système de caméras capable de lire de nombreuses plaques. Selon les chiffres de la mairie, ces voitures contrôlent près de 16.000 places par jour, contre les 5.000 effectués en moyenne auparavant par les agents de surveillance de la voie publique à pied à Marseille. De quoi soulever des questions sur la fiabilité et la solidité de type de contrôle déjà controversé et peu populaire, quelques jours après la polémique parisienne, où des milliers de faux de contrôle ont eu lieu.

Que s’est-il passé ? « Environ 300 personnes entre le 1er et le 13 février ont été verbalisées à tort, estime Jean-Luc Ricca. Le problème a été identifié le 7 février et résolu le 13 février. » Selon le conseiller municipal, ce dysfonctionnement serait dû à un bug : pendant une quinzaine de jours, certaines données des parcmètres n’ont plus été croisées avec celles de la ScanCar.

En temps normal, deux agents assermentés parcourent la ville à bord de la ScanCar, qui flashe les différentes plaques. Puis, deux autres agents reçoivent à distance les informations, et verbalisent si les automobilistes ne sont pas en règle, conformément aux données fournies par les horodateurs. Si les plaques relevées ne sont pas enregistrées dans le serveur de l’horodateur, c’est l’amende. Le hic : les serveurs de la ScanCar et des horodateurs ne se sont pas synchronisés. La technologie proposée par la société Sags s’est du coup retrouvée défaillante.

Est-ce que cela peut se reproduire ? Forcément, alors qu’un dysfonctionnement vient entacher le premier bilan de la ScanCar, quelques mois seulement après sa mise en service, la question se pose. « Je ne peux pas dire qu’il n’y aura pas de problème plus tard, répond Jean-Luc Ricca. Qui ne commet pas d’erreur ? Ici, on essuie les plâtres d’une technologique nouvelle. On va tout faire pour qu’il n’y ait pas d’autres erreurs. Si par contre, il y a un bug 12 mois sur 12, on en tirera les conséquences. »

Et d’ajouter un peu plus tard : « C’est totalement fiable. Nous avons des ingénieurs en France de très grande qualité. J’ai entièrement confiance en cette société. Rien à avoir avec ce qui s’est passé à Paris : c’est un bug purement technique. J’ai tous les jours la société au téléphone. » Pour l’élu, ce phénomène est de plus à la marge. « Nous avons verbalisé, et seuls 300 sont erronées, soit 5 pour 1.000 ! »

Ce bug est-il propre à la ville de Marseille ? « Je ne sais pas, peut-être qu’on n’a pas de bol », sourit Jean-Luc Ricca. Bien qu’exploitée par des sociétés différentes, cette technologie est en effet utilisée dans plusieurs villes de France, comme Saint-Denis, où aucun bug n’a été porté à la connaissance de la mairie.

Il faut dire que la ville francilienne a une utilisation quelque peu différente de cette voiture. « Cette voiture appartient à la police municipale, indique la mairie de Saint-Denis à 20 Minutes. Elle circule dans la ville pour indiquer la zone la plus efficace où se rendre, celle où il y a le plus de fraude. Ensuite, les agents s’y déploient, car nous croyons au terrain. Ils peuvent faire de la pédagogie, discuter avec les commerçants… Ce n’est pas chez nous un outil de répression. Ça ne sert à rien de faire du chiffre pour du chiffre. »