Marseille: Des déchets pour faire rouler les bus de la RTM

TRANSPORT La plus importante usine de production de biométhane de France va être mise en service en 2019 à Marseille, et pourra fournir 150 bus en carburant…

Mathilde Ceilles

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Un bus de la RTM roulant au gaz, sur le site de l'usine de biométhane
Un bus de la RTM roulant au gaz, sur le site de l'usine de biométhane — Mathilde Ceilles / 20 Minutes
  • La plus importante usine de production de biométhane de France va être mise en service en 2019 à Marseille.
  • Cette usine pourra fournir 150 bus de la RTM en biocarburant.

Faire rouler les bus de la RTM, non pas avec du diesel ou de l’essence, mais à partir des déchets des Marseillais ? C’était l’espoir affiché par les nombreux responsables politiques et économiques présents ce jeudi pour la pose de la première pierre de la plus importante usine de production de biométhane de France.

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Située tout près de la calanque de Sormiou, cette usine exploitée par Seramm, une filière de Suez, serait capable de produire, à terme, près de 3,8 millions de Nm3 par an de biogaz, soit de quoi alimenter environ 2.500 foyers en chauffage en encore 150 bus de la RTM en biocarburant.

Comment on peut transformer des déchets en carburant ? A Sormiou existe déjà une usine de traitement dites des boues, provenant elles-mêmes du traitement des eaux usées de la centrale d’épuration de Géolide, tout près du Vélodrome. Or, on sait que, par une réaction chimique, les boues d’épuration produisent du gaz. Une fois épuré, ce gaz devient du biométhane qui, avec la construction du site, sera réinjecté pour chauffer les Marseillais, voire alimenter en biocarburant les transports en commun dits propres de la métropole.

Quel est l’intérêt ? Cette dernière option reste pour l’heure à l’état de projet, mais elle intéresse grandement la métropole, à plusieurs titres « Nous espérons l’acquisition de 2.500 bus roulant au gaz d’ici cinq ans, explique Alexandre Gallese, élu au bureau de la métropole en charge de la stratégie environnementale, du plan climat et de la prévention des risques. Contrairement à l’électrique, où l’on fait face à des soucis d’autonomie des batteries, les bus roulant à gaz peuvent faire de longs trajets. C’est une manière de réduire notre empreinte écologique, et de réduire notre dépendance au pétrole. » Pour rappel, la loi fixe l’objectif d’atteindre d’ici 2030 10 % de gaz renouvelables dans les consommations énergétiques françaises.

Quel lien avec cette usine ? Mais pour développer les bus roulant au gaz comme le souhaite la métropole, il faut… du gaz bien sûr. Une évidence qui ne l’est pas forcément quand on sait qu’à l’heure actuelle, une grande partie de cette énergie est importée dans le département. Cette usine permet ainsi d’avoir un site de production au plus près des besoins. « La production des énergies, toutes catégories confondues, coûte à la métropole 8 milliards d’euros, et nous en produisons que 7 %, affirme Alexandre Gallese. Avec cette usine, c’est un cercle vertueux : les déchets des uns vont servir de carburants aux autres. Certes, une usine, ça ne suffit pas, mais c’est la politique du petit pas, un élément d’impulsion » La mise en service de cette usine est prévue dès le 1er janvier 2019.