« Aucune installation n'a été construite depuis six ans »

Recueilli par C. B. - ©2008 20 minutes

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Alain Fourest

Président de l'association Rencontres Tziganes.

Pourquoi ce retard dans les équipements en aires d'accueil ?

A la base, construire des équipements est un processus assez long. Il faut trouver puis acquérir un terrain qui réponde aux normes avant de pouvoir réaliser les travaux. Mais la principale cause de ce retard, ce sont les élus locaux, qui bloquent l'avancement des projets. Chaque commune préfère que l'aire d'accueil soit construite chez le voisin.

Que prévoit le schéma ?

Normalement, au-delà d'un certain délai, quand les choses ont trop traîné, la préfecture devrait se saisir du dossier et faire construire, de son propre chef, des aires sur le territoire de la commune avec les fonds de celle-ci. Mais depuis la signature du schéma en 2002, il n'y a pas eu de procédure de ce type dans le département, alors qu'aucune aire n'a été construite depuis six ans. A chaque fois, on donne de nouvelles échéances. Rien n'indique que l'ultimatum fixé à la fin 2008 ne sera pas de nouveau repoussé.

Un bilan du schéma est-il prévu ? Une révision est-elle possible ?

Un schéma départemental est prévu pour une durée de cinq ans. Celui-ci s'est terminé à la fin 2007. Cependant, un nouveau schéma semble compliqué quand rien n'a été appliqué dans le précédent... Nous avons toutefois demandé à la préfecture, en 2007, d'en préparer un nouveau. Elle a été d'accord sur le principe. Mais selon la sous-préfecture d'Istres, en charge du dossier depuis l'automne dernier, une révision inciterait les communes à ne rien faire en attendant. Elle préconise donc d'attendre que les aires prévues dans le premier schéma soient construites.

Normalement, les communes peuvent bénéficier des aides financières de l'Etat et du département jusqu'à la fin 2008. Au-delà, elles devront toujours construire les aires, mais devraient être condamnées à payer l'intégralité des travaux.

Qu'est-ce que changerait l'application du schéma pour les gens du voyage et pour les communes ?

Ils auraient enfin la possibilité de pouvoir circuler librement sur tout le territoire en bénéficiant de conditions d'habitat décentes. Un nombre suffisant d'aires équipées éviterait les installations illicites dont se plaignent riverains et élus. Dès lors qu'une commune s'est dotée d'une aire d'accueil aménagée, le maire peut prendre un arrêté interdisant toute installation en dehors de cette aire.