Le département manque d'aires

Céline Bernard

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Selon le conseil général des Bouches-du-Rhône, quelque 5.000 à 6.000 caravanes transitent dans les six départements de la région toute l'année. Depuis 2000, la loi Besson impose aux communes de plus de 5.000 habitants la construction d'aires d'accueil, avec deux objectifs: permettre aux gens du voyage de s'installer dans des conditions décentes et empêcher les installations illicites.

La loi prévoit la mise en place d'un schéma départemental copiloté par le conseil général et la préfecture. «C'est le préfet qui doit appliquer la loi, notre mission en tant que département est de signaler ce qui manque et de préconiser ce qu'il faudrait faire, précise le conseil général. Avant la signature du schéma en 2002, les Bouches-du-Rhône comptaient 214 places réparties sur cinq aires à Aix-en-Provence, Marseille, Aubagne, Miramas et Martigues. Il a été décidé de construire 35 aires supplémentaires, soit environ un millier d'emplacements.» A la demande des communes, le département doit participer ensuite, avec l'Etat, au financement des projets.

Mais la situation n'a pas évolué depuis 2000, car aucune commune n'a demandé de subventions pour construire des aires. D'après Régis Weihrich, directeur général d'Alotra (le nouveau nom de la Sonacotra), une association qui gère deux aires d'accueil sur le département, «rien n'est vraiment imposé, aucune amende ne sanctionne les réfractaires». La préfecture, responsable de l'application de la loi, n'a pas souhaité s'exprimer sur le sujet, faute de temps. Un dernier ultimatum pour les mairies frileuses: fin 2008, les subventions allouées par l'Etat et le département devraient cesser et les retardataires payer ces équipements sur leurs propres fonds.