Marseille: Communication, ravalement de façades, toilettes publiques... Un plan pour redynamiser le centre-ville, qui part de loin

ATTRACTIVITÉ Le département, la métropole et la ville ont présenté un plan « ambition centre-ville », alors qu’il fait face à de nombreuses problématiques…

Adrien Max

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Des commerces en centre-ville de Marseille
Des commerces en centre-ville de Marseille — MickaÎl Penverne / 20 Minutes
  • La ville a présenté son plan « ambition centre-ville » pour redynamiser le cœur de Marseille.
  • Une cinquantaine de projets, pour un montant de 100 millions sur trois ans, devraient voir le jour.
  • L’opposition considère que ce plan arrive trop tard et qu’il s’articule surtout autour des opérations de communications.

« Ambition centre-ville ». L’appellation de ce plan prévu pour redynamiser le centre-ville de Marseille ne fait, a priori, aucun doute : il s’agit de l’une des (nombreuses) priorités des autorités, présentes ce vendredi matin en mairie pour le présenter.

Martine Vassal, présidente du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône, Jean-Claude Gaudin, maire de Marseille, Jean-Luc Chauvin, président de la chambre de commerce et d’industrie (CCI) et Jean Montagnac, président du Conseil de territoire Marseille Provence, avaient d’ailleurs sorti le grand jeu : une musique d’accueil kitsch pour commencer la présentation.

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100 millions sur trois ans

Comme Jean-Claude Gaudin l’a expliqué en introduction, « les centres anciens sont en perte de vitesse, et Marseille n’est pas épargnée », même si cette situation concerne plutôt les villes moyennes ailleurs en France. Si travaux ont déjà été entrepris, comme l’installation du tram rue de la République, et la requalification de la rue Paradis, avec ce « plan global, nous voulons aller plus loin et plus fort pour les Marseillais », a déclaré le maire.

Pour cela, 50 actions concrètes devraient voir le jour pour un coût total de 100 millions d’euros sur trois ans. En voici une liste non exhaustive :

  • Installation de 60 toilettes publiques gratuites à l’horizon 2020, pour un coût de cinq millions d’euros.
  • Ravalement de façades
  • Amélioration de la sécurité avec l’installation d’un système de vidéosurveillance capable d’alerter en temps réel.
  • L’achat de nouveaux équipements pour la propreté des rues.
  • Création d’un hôtel 4 étoiles à Noailles et réhabilitation du marché des Capucins, ainsi qu’un cinéma en haut de la Canebière.

Que d’amour !

D’autres axes de travaux ont été évoqués, comme des facilités pour les primo-accédants dans le centre-ville, ainsi que des aides pour la rénovation. La tarification des parkings, jugés trop chers, pose aussi problème : « Lorsque les délégations de service public auront pris fin, nous adapterons les tarifs en fonction des horaires, des jours, voir des moments de l’année comme c’est le cas pour les parkings de la plage », a annoncé Yves Moraine, maire des VIe et VIIIe arrondissements.

Si des actions concrètes ont été pensées, d’autres réponses semblent s’articuler autour d’une importante campagne de communication, avec la création d’un parcours touristique, d’un site internet, et le lancement d’une marque centre-ville : « Un amour de centre-ville », vivement souhaitée par Jean-Luc Chauvin.

Concurrence des centres commerciaux

Derrière ces annonces des inquiétudes bien réelles pointent le bout de leur nez, comme la vacance de nombreux commerces et logements, ainsi que la concurrence des centres commerciaux. A peine cette question fut évoquée que les élus sont montés aux créneaux tour à tour : « Nous avions près d’un milliard d’euros d’évasion commerciale de la part des Marseillais qui allaient dépenser leur argent dans la zone de Plan-de-Campagne, il fallait réagir », s’est énervé Jean-Claude Gaudin, rapidement rejoint par Sabine Bernasconi, maire des Ier et VIIe arrondissements.

« Le centre-ville n’est pas comparable avec un centre commercial, il y a un aspect culturel, historique et patrimonial », a-t-elle défendu. Un avis que ne partage pas Benoit Payan, chef de l’opposition socialiste : « Ces élus se félicitent de redynamiser le centre-ville alors qu’ils s’empresseront d’inaugurer le centre commercial du Prado, où des enseignes “vitrines” comme les Galeries Lafayette partent, en délaissant le centre-ville », a-t-il regretté.

Il se montre d’ailleurs très inquiet sur la situation actuelle : « Marseille est la grande ville de France où il y a le pus fort taux de vacance des commerces, et ils se réveillent en 2017 alors qu’ils sont élus depuis 22 ans. Les réponses sont toujours les mêmes : de la com, de la com et de la com. » On ne pourra néanmoins pas leur reprocher d’essayer.