Villes du futur: A quoi ressemblera Marseille en 2050?

#2050 A l’occasion des Journées nationales de l’architecture les 13, 14 et 15 octobre, «20 Minutes» a décidé de se projeter en 2050. Entre science-fiction et perspectives réalistes, à quoi ressembleront nos villes dans 33 ans?…. 

Adrien Max

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Le port de Marseille qui s'étend vers les quartiers Nord.
Le port de Marseille qui s'étend vers les quartiers Nord. — ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP
  • Marseille a accumulé un certain retard qu’elle tente de rattraper ces dernières années.
  • Les modes de transport doux seront privilégiés : vélo et piéton. L’autopartage et le covoiturage seront aussi développés.
  • La transformation de Marseille passera par une recentralisation des anciens cœurs villageois pour y recréer du dynamisme.
  • L’identité architecturale devra être conservée en y incluant des éléments naturels.

Marseille est en retard. En retard sur les transports, en retard sur la gestion des déchets, en retard sur l’utilisation du vélo, en retard sur l’écologie et en retard sur la mixité sociale. Mais Marseille est en train de combler ce retard. « Je suis optimiste, il y a beaucoup d’évolution positive en termes de dynamisme, mais il faut rester critique, et prudent », contextualise Christine Dugontier d’Agir en ville, une structure composée d' architectes et d' urbanistes. Beaucoup de transformations sont donc à prévoir si l’on veut imaginer Marseille en 2050.

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Une ville plus aimable avec les déplacements actifs. C’est l’un des enjeux centraux des prochaines années. « Il faut imaginer une ville où les déplacements doux seront plus présents, notamment avec des pistes cyclables et une place plus importante des piétons », projette Christine Dugontier. Pour éviter l’utilisation des voitures individuelles, les transports en commun devront encore se développer. « La question du partage est centrale, il faut développer le covoiturage, l’autopartage », ajoute Christian Brunner, directeur général de l’Agence d’urbanisme de l’agglomération marseillaise (Agam).

Recréer une centralité dans les anciens cœurs villageois. « On dit souvent que Marseille est une somme de petits villages alors que ça ne correspond plus à la réalité. Il y a une importante ségrégation spatiale et sociale », explique Christine Dugontier. Pour remédier à cela il faudra une plus grande continuité dans les liaisons entre le Nord et le Sud. « Il faut redonner du dynamisme à ces anciens centres villageois pour ne plus avoir que le Vieux-Port où tout se concentre », précise-t-elle. Cela est d’autant plus important que Marseille est très étendue.

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Conserver une identité architecturale en y intégrant des éléments naturels. Marseille serait victime d’amnésie, beaucoup de jolies bâtisses ont disparu, certains cours d’eau ne se voient plus. Une hérésie pour Christine Dugontier : « Nous devons tenir compte du génie des lieux, l’avenir de Marseille, ce n’est pas uniquement les nouvelles constructions. » Pour Christian Brunner, il est essentiel d’amener des éléments de la nature dans la ville : « Créer des espaces verts plutôt que des garages, installer des squares d’intérieurs dans les immeubles, végétaliser les toits et verdir les balcons. » Tout cela dans le but de décarboner et d’apaiser la Marseille du futur.

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Marseille 2050, ville apprenante et ville sociale. L’école est le fer de lance pour créer des citoyens et donc des acteurs de la ville et de leur vie. « Apporter des connaissances et lutter contre l’échec scolaire sont deux axes de travail fondamentaux. Il faut offrir une formation permanente », avance Christian Brunner. Des facultés vont encore émerger, ainsi que des pôles d’excellence, comme des écoles d’ingénieurs, trop peu présents sur le territoire actuellement. Eduquer également pour plus de solidarité. « Peu importe le niveau d’éducation, il y aura toujours des gens qui décrochent. Le but est de créer mécanisme d’entraide à l’échelle des quartiers », espère-t-il. La transformation de Marseille passera par la mutation des quartiers. De tous ses quartiers.