«Le sport peut aider les malades!»: Atteint de sclérose en plaques, il a fait 1.000 bornes en kayak

INTERVIEW Géraud Paillot boucle ce samedi un impressionnant périple, de Paris à Marseille. Il arrive sur le Vieux-Port ce dimanche, à 10 heures...

Propos recueillis par Jean Saint-Marc

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Géraud Paillot arrive sur le Vieux-Port de Marseille ce dimanche.
Géraud Paillot arrive sur le Vieux-Port de Marseille ce dimanche. — G.P.
  • Géraud Paillot s'est lancé dans cet impressionnant défi sportif pour encourager les malades à se (re)mettre au sport.
  • « Le kayak, ça aide énormément, et ça a un côté sympa », raconte-t-il, sans cacher qu'il en a parfois bavé au cours de son périple.

Quand on lui a passé un coup de fil, Géraud Paillot avait quitté les paisibles canaux Français pour le littoral méditerranéen. « Je suis sur la Cote Bleue, c’est beau mais ça bouge un peu », sourit le kayakiste, atteint de sclérose en plaques.

A 47 ans, il vient de boucler près de 1.000 bornes sur son embarcation, pour encourager les malades à se remettre au sport. Et pour récolter des fonds pour deux associations, aussi.

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Vous allez bien ? Pas trop crevé ?

Ça va, mais oui, je suis fatigué ! Plus de 50 jours de kayak, environ 1.000 kilomètres… Ce n’est pas rien. Mais je me sens bien. Et je n’ai pas hâte que ça se termine : c’était génial.

Un de mes objectifs, c’était d’arriver en bon état à Marseille, alors j’ai fait ce qu’il fallait : des siestes à certains moments de la journée, adapter les jours de navigation à mon état de santé… La sclérose, ça crée des problèmes de marche, d’équilibre, mais aussi beaucoup de fatigue ! Alors il faut connaître son corps et l’écouter.

Le mental, ça permet de dépasser les douleurs ! Je n’ai pas lâché une seule minute.

Vous avez dû connaître des jours difficiles ?

Bien sûr, mais c’est la même chose si on n’est pas malade : il y a des jours plus compliqués que d’autres. Mais l’aspect mental est très important, et le mental il a toujours été là… Ça permet de dépasser les douleurs ! Je n’ai pas lâché une seule minute. J’ai enchaîné plusieurs jours en bivouac, heureusement que j’ai pu aussi dormir en dur chez des amis.

C’est donc possible de faire du sport en étant malade…

Oui ! Il y a quinze ou vingt ans, on disait qu’il ne fallait surtout pas faire de sport. Depuis, on a découvert qu’au contraire, c’était très bien, sur le plan physique et sur le plan moral.

Les malades que vous rencontrez adhèrent à ce message ?

Ma plus belle récompense, c’est ce texto que je viens de recevoir : un malade que j’ai croisé en août qui me dit qu’il vient de se remettre au sport ! Ce n’est pas toujours évident, mais c’est vraiment bien de trouver l’activité qui vous correspond. Moi, quand j’ai été diagnostiqué, on m’avait dit d’arrêter le sport… Mais le sport, ça socialise, ça fait du bien au mental et au corps.

Faire 1.000 km en kayak, ce n’est pas tout à fait pareil qu’une séance par semaine… Ça a dû être une grosse préparation, non ?

Il m’a fallu un an. J’ai d’abord fait une rééducation au sport en clinique : je pensais beaucoup de temps sur un vélo à bras, j’ai fait dû fractionner de l’endurance, une vraie préparation physique ! J’ai aussi fait adapter mon kayak par un ergothérapeute pour éviter le risque d’escarres, parce que je passais jusqu’à six ou sept heures sur le kayak. J’étais suivi par mon neurologue tout au long du projet, il était à 200 % favorable !

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Vous faisiez déjà du kayak avant d’être diagnostiqué ?

Je louais un kayak de temps en temps l’été, mais c’est tout. C’est grâce à la sclérose que j’ai pu en faire. Ça aide énormément pour l’équilibre et la proprioception (la conception du corps dans l’espace), ça a un côté rééducatif sympa. Et puis il y a une bonne ambiance dans les clubs !