Var: Face au risque de marée noire, la Marine se prépare

POLLUTION Un exercice grandeur nature est organisée cette semaine au large d'Hyères pour s'entraîner à lutter contre la pollution marine... 

Mathilde Ceilles

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Le Jason en plein exercice de lutte anti pollution
Le Jason en plein exercice de lutte anti pollution — Mathilde Ceilles
  • Afin de s’entraîner à gérer des épisodes dits de marée noire, la Marine réalise cette semaine des exercices grandeur nature.
  • Ces exercices sont réalisés en collaboration avec Monaco et Italie.

Ce mercredi, vers deux heures du matin, un remorqueur de haute mer tractant une barge de fuel décide, contrairement à la réglementation, de pénétrer en rade d’Hyères. Les conditions de mer au large sont mauvaises. Le scénario catastrophe se produit : une brèche s'est ouverte dans une de ses soutes, et la totalité des hydrocarbures contenus par celle-ci, se déverse dans la mer Méditerranée. L’incident n’est pas tout de suite déclaré aux autorités, qui en prennent connaissance que tôt dans la matinée.

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Un barrage de 300 mètres est mis en place

Bien qu’inspiré de faits réels, ce scénario est heureusement fictif. Il s’agit d’un exercice grandeur nature pour la Marine nationale, dont l’une des missions relève de la lutte contre la pollution. Tout est fait « comme si », jusqu’aux nappes d’hydrocarbures : des tonnes d’écorce de riz, un matériau biodégradable, sont déversées dans la rade pour matérialiser le polluant à évacuer.

Sur le Jason, ce matin-là, tout le monde est sur le pont. Ce bâtiment de soutien, d’assistance et de pollution doit extraire un maximum de ce faux fuel sur une zone délimitée. Pour cela, un barrage de 300 mètres est mis en place. Dans cette sorte de bulle est plongée « une écrémeuse de haute capacité qui récupère 98 % du produit » explique Didier, l’un des membres de l’équipage et adjoint technique. Et de préciser : « dans l’eau, une brosse tourne, le produit se colle à la brosse, puis un racleur envoie la matière dans une pompe. »

Le polluant est pompé dans un barrage.
Le polluant est pompé dans un barrage. - Mathilde Ceilles

 

Un produit stocké à bord

« Le produit sera ensuite stocké à bord, dans des soutes adaptées », poursuit le capitaine de vaisseau Marc, membre du centre d’expertises pratiques de lutte antipollution. Le bateau peut en effet stocker 1.000 m3. Avec une vue imprenable sur la rade, Marc et ses équipes veillent au grain depuis la passerelle du bateau, afin que l’opération se passe sans heurts.

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Cinq navires français et un hélicoptère participent à cet exercice. Pendant que de gros bateaux récupèrent massivement les produits polluants au large, des petites unités « chalutent » à proximité de la côte. Leurs rôles consistent à amener à terre le produit polluant récupéré, où des équipes le réceptionnent pour le stocker dans des contenants adaptés. 

Un exercice international

« How much do you have ? » A l’autre bout du fil, entre deux grésillements, une voix répond avec un accent italien. En effet, des équipages monégasques et d’Italie œuvrent aux côtés de leurs collègues français. Une zone de traitement a été attribuée à chaque bateau afin d’être plus efficace, avec un centre de crise par nationalité. L’Italie a mobilisé deux bateaux, tandis que le Rocher a déployé un navire de sauvetage.

Des marins français communiquent avec leurs homologues italiens.
Des marins français communiquent avec leurs homologues italiens. - Mathilde Ceilles

 

Cet exercice permet de tester la coordination du travail des différents pays. « La protection de l’environnement concerne tout le monde, et en cas de pollution, on n’en peut pas agir seul », analyse Marc. Un second exercice, plus spécifique à la gestion de cette pollution marine sur la terre ferme, est prévu ce jeudi.